1. Boîte Vocale


    datte: 20/10/2017, Catégories: fh, jeunes, Collègues / Travail, amour, nonéro, mélo, policier, québec, policier, coupfoudr, Auteur: Ed Benelli, Source: Revebebe

    Comme c’est un peu une tradition, j’ai décidé de vous faire part de suggestions musicales. Je vous conseille "For the nights I can’t remember" de Hedley et, pris de la trame sonore du film "Smokin’ Aces", la piste "Shell Shock". —Hey ! Vous avez bien rejoint le cellulaire de Carolina je ne peux vous répondre dans le moment, bref, mais laissez-moi un message avec vos coordonnées et je vous rappellerai aussitôt que possible. Je prends mon souffle pour glisser quelques mots. —La boîte vocale de : Carolina Esperanza, est pleine. Ma tête trop lourde retombe sur le sol. Je m’efforce de ne pas trembler en relevant la tête. Je fixe dans les yeux un homme que je connais trop bien et qui détient ma vie entre ses mains. Il existe des gens qui, même si leur vie entière est basée sur le mensonge, la violence ou les actes mauvais, vont avoir en eux une petite lumière, un témoin qui leur dit qu’ils ont besoin d’une dose de normalité, de légalité. J’en fais partie. Alors pour pallier et contrebalancer le fait que je tape sur des gens pour gagner ma croûte, que j’escorte des dealers et que je protège leurs intérêts, je travaille à temps partiel, dans une petite boutique comme magasinier. Je m’ennuie à mourir là-dedans. Sauf que je côtoie des gens qui n’ont rien à voir avec les lourdauds à canons sciés ou les cokés à la narine blanchie. Et c’est là que je reprends ma dose de fraîcheur, de vie. Et c’est pour ça que je déteste que Marcel, mon enfoiré de patron, me demande de faire des heures ... supplémentaires les week-ends. Casser des dents le samedi, pour moi, c’est devenu sacrilège. « .. » Cigarette au bec, je suis assis sur le capot de ma voiture et avec Tommy, installé sur l’aile, on regarde paisiblement Georges (prononcé à l’anglaise) tabasser un p’tit pimp de basse classe. Le soleil est fort, la ruelle pue la pisse et les poubelles qui fermentent. — Sun of a bitch. Ya stupid prick. We told ya. « Next time, you’ll bleed. » And now what ?!? You’re bleeding. Poor little fucker !— J’aime ça, quand il l’insulte en anglais. Je me demande si entre deux coups, le gars essaie de traduire dans sa tête. Je regarde Tommy, avec l’air de quelqu’un qui veut consoler un attardé qui vient de dire une autre connerie. — T’es vraiment con. Je tire une bouffée. — Okay, Georges. Enough. Avec un dernier coup de pied aux côtes, le colosse anglais vient nous rejoindre, crachant par terre. Tommy s’approche du mac. — Bon. Faque pour la traduction : T’es un pauvre osti de trou d’cul pis on t’l’avait dit : « La prochaine fois, tu vas saigner. » Ben astheure que tu saignes, tu veux-tu que je t’explique c’est quoi la prochaine étape ? Ou tu peux penser à ça tout seul ? Mon collègue se penche et tapote la joue du pauvre type ensanglanté. Puis il lui écrase sa cigarette sur le front. Le mac est tellement amoché qu’il gémit et bouge à peine, se tordant sur lui-même. Tous les trois, on le laisse dans sa flaque de boue et on démarre en trombe. Et voilà. C’était ça ma vie, il y a deux mois. Je me ...
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