1. Mon Hypothalamus et moi (1)


    datte: 26/10/2017, Catégories: fh, Collègues / Travail, hdomine, cérébral, Oral, pénétratio, fsodo, délire, humour, Auteur: Felin, Source: Revebebe

    — Alors ? Vous allez me l’enlever ? Elle effeuille le dossier. Les pages défilent trop vite, je sais qu’elle ne lit rien. Elle fait une pause. Si ça se trouve, elle pense à sa liste de courses ou qu’il ne faut pas oublier de reprendre les affaires de danse de sa fille. Ce que je pense, moi, elle n’y pense pas. C’est pourtant le fond du problème. Elle se redresse. — Monsieur V , c’est hors de propos. Un doigt manucuré tapote la monture dorée de ses lunettes. Rigides. Anguleuses. Deux doigts plus loin, une alliance. — Une telle intervention n’existe pas. Ses mains se rejoignent sur le bureau, forment un mur en face de moi. — On ne procède pas à l’ablation d’un hypothalamus à moins de vouloir tuer quelqu’un. C’est un organe indispensable.— Ça ne s’est jamais fait ?— Jamais.— Même pas chez les nazis ?— Peut-être chez les nazis. Mais ne comptez pas sur les cobayes pour vous le raconter. Elle referme le dossier. Le geste est agacé. Elle perd son temps, n’aime pas ça. Elle se décide à jeter un coup d’œil au fou qui est venu, apparemment sérieusement, lui demander l’impossible. Elle a les yeux gris, froids et liquides. Une fissure entre les sourcils, rigole du quotidien et de ses soucis. Avant d’écourter l’entretien, elle pose la question, simple curiosité : — Pourquoi voulez-vous qu’on vous enlève votre hypothalamus ? Vous n’avez pas de tumeur, le scanner ne présente rien d’anormal.— Il me crée des problèmes.— Il vous crée des problèmes ?— Oui, c’est le moins qu’on puisse dire. ... C’est éreintant.— Vous avez des maux de tête ?— Non. Enfin, parfois, à la longue— À la longue de quoi ?— Quand j’en peux plus de de voir ces films. La fissure se creuse encore au centre des sourcils. Elle est en train de se convaincre que je suis vraiment fou. Il faudra qu’elle filtre ses rendez-vous. Elle hésite à poursuivre. — Des films ?— C’est embarrassant. Elle commence à comprendre. Ses lèvres, qu’elle a pincées, se mettent en oblique, esquissent une fossette charmante. — Je vois, dit-elle.— Non, pardonnez-moi, mais je ne crois pas que vous voyez. Je suis manifestement seul à voir et c’est sa faute à lui !— Votre hypothalamus.— Lui-même, oui ! J’en peux plus. C’est la guerre ouverte. C’est lui ou moi ! Son rictus s’accentue. — Que voyez-vous au juste ?— En ce moment, vous. Un sourire sans joie. Les yeux restent froids et gris. Liquides. — Votre hypothalamus n’a aucun rapport avec— Vous ne m’avez pas demandé comment je vous voyais. Le sourire s’estompe, doucement, comme le soleil se couche. L’ongle parfait, nacré, revient ajuster les lunettes. — Ah Et comment Je ne la laisse même pas achever sa phrase. Elle ouvre la porte. Je m’y engouffre. Il faut que je me vide. Il faut que je le vide, qu’il me foute la paix. Et tant pis pour elle ! — Là, tout de suite, vaut mieux pas que je vous le dise. Allons-y graduellement, voulez-vous. Revenons au moment où je suis entré dans ce cabinet. Vous m’avez accueilli à la porte. J’ai vu votre visage d’abord, pas longtemps, mais il ne me faut ...
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