1. Jean de la Lune


    datte: 04/11/2017, Catégories: fh, cérébral, Voyeur / Exhib / Nudisme, pénétratio, Auteur: Charline88, Source: Revebebe

    Sous le soleil de mars, les premiers remous d’un printemps qui se veut renaissant font monter dans l’air comme une saveur nouvelle. C’est chaque année ce mois que la ville de Remiremont choisit pour faire revivre quelques aquarelles chaudes. Ce sont celles de la botte voisine, de l’Italie amie, et plus précisément de Venise que le dernier week-end du calendrier attend avec impatience. Ils sont venus de toute part ; en groupe, bien sûr. Le ballet incessant des bus qui déchargent personnes et valises remplit les rues de la ville de promeneurs attentifs aux pastels des arcades si particulières. Il est un lieu où Claude et Michel se rendent : un chapiteau où chacun dans son secteur laisse, pour les quelques jours de ce fabuleux moment, sa tenue conventionnelle. Ils se changent sans un mot, ne regardant pas plus leurs voisins que le décor où ils abandonnent leurs vêtements de bourgeois connus au profit d’autres beaucoup plus rutilants. Claude lui avait dit l’année dernière, alors qu’ils quittaient cette même place : — J’aimerais être ta Colombine de quelques jours ; aimerais-tu devenir seulement mon Pierrot ? Sauras-tu le faire ? Il avait simplement souri, heureux qu’elle fasse cette demande. Pour lui, être Pierrot ou Arlequin, duc ou comte n’avait aucune importance ; seul comptait qu’elle reste avec lui, toujours aussi proche. L’habit ne fait pas le moine, et il ne fait pas non plus les amants ou les amoureux transis, bien que parfois il juge que se vêtir de manière correcte ... puisse être agréable pour continuer, pour toujours la séduire. Claude, SA Claude, c’est vingt-cinq ans de bonheur, de surprises, de tendresse, sans oublier de dire d’amour, sous un mètre soixante-quinze et soixante kilos de femme brune. C’est une jolie frimousse aux contours délicats, un visage souriant dans lequel deux yeux d’un vert émeraude pétillent en le regardant. Mais cette jolie caboche ne serait rien sans l’esprit vif qui l’habite et l’intelligence impétueuse qui anime chaque discussion entre eux. En un mot comme en cent, Michel est amoureux depuis le premier instant de cette femme. Ils sont comme tous, bien sûr, ayant quelquefois un orage qui perturbe le ciel de leur montagne, le ciel de leur lit. Mais les raccommodages sont si subtils que, parfois, il pense même à lui prendre la tête. Pour le seul plaisir d’avoir une scène à se faire pardonner, tant elle est exquise dans ces moments-là. Mais pour l’heure, il enfile son costume de comédien, son habit de Pierrot ; et il se dit que sa Colombine, de l’autre côté – celui des femmes – va être aussi bien jolie. Il fait ensuite quelques pas devant la tente où tous se cachent pour changer de peau, pour devenir d’autres personnages, intemporels ceux-ci. Pendant ce temps, la brune aux cheveux longs peaufine sa toilette par un masque d’albâtre blanc au rouge des lèvres criard et ineffaçable. Elle a déposé, elle aussi, ses atours de femme du monde pour une excursion nocturne dans les rues de la cité de Chanoinesses, sous les lueurs ...
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