1. Prémonitions


    datte: 02/11/2016, Catégories: nonéro, fantastiqu, Auteur: Radagast,

    un jeune enfant me regarde intensément. Je lui souris, attrape le chaton et lui demande s’il est à lui. L’air grave, il me prend par la main et m’emmène vers l’intérieur des dunes. Un camp gitan se trouve là, caché. Quelques caravanes, un grand feu et des gens vaquant à leurs occupations. Deux jeunes se lèvent, peu amènes. Près du feu, un vieillard fait un signe ; les deux hommes me laissent passer, toujours guidé par l’enfant. Le vieil homme est superbe : grand, maigre, la peau parcheminée mais le regard vif, gai. Il me fait asseoir près de lui. Sa main se pose sur la mienne ; ses vieux doigts me serrent le poignet. — Si tu veux connaître la source de tes rêves, cherche un pays de feu, une Vierge Noire et une ville aux deux églises. Je me noie dans son regard, bercé par sa voix hypnotique. —ooOoo— L’aube se lève. Quelqu’un a mis une couverture sur mes épaules. Le chaton s’est lové sur mes genoux. Je n’ai pas fait de cauchemars. Sur le conseil du vieillard, j’emmène le chaton : « Il t’a choisi. Tu es à lui. ». Au volant de ma voiture, je réfléchis aux événements de la veille. Un pays de feu, une Vierge Noire ? Pourquoi pas l’Auvergne ? Je traverse le Gard, la Lozère et la Haute-Loire, par de petites routes. Le temps ne s’améliore pas. Après Clermont-Ferrand, je voyage à l’aventure. Je me retrouve près du Puy de Graventille. Passant le petit col de la Tiretaine, je pile : là, devant moi, dans une vallée, un gros bourg avec deux clochers ; et à l’écart, en lisière d’une forêt, ...
    un manoir. Je souffle longuement, mes mains tremblent. Il se fait tard : je trouve un hôtel dans cette ville, Bry-sur-Sarme. Je pose quelques questions à la patronne. Il y a bien deux édifices religieux : une église, et la chapelle de la Vierge Noire. Je la questionne sur le manoir ; peut-on le visiter ? — Non, il est en ruines. Et, presque gênée, elle me signale qu’il était hanté. Il ne faut pas y aller. Je téléphone à mon patron et à mon psy pour leur annoncer l’étrange nouvelle. Tous deux me disent d’être prudent : je me range à leur avis, surtout après le voyage que je viens d’accomplir. Je mange au restaurant du village, où je suis le seul client. Quelques vieux tapent le carton dans angle du bar tout en me jetant des regards en douce. Un étranger à cette époque, c’est rare Et qui en plus pose des questions sur le manoir : il y a de quoi alimenter les discussions pendant plusieurs lustres. Mon sommeil est de nouveau agité ; toujours ce même rêve. Le matin, au lever du jour, je prends la direction du manoir. La nuit a été fraîche : une couche de glace et de givre recouvre la campagne. Au bout d’une route de terre, je vois un mur d’enceinte en partie en ruines ; des éboulements permettent de voir l’intérieur du parc. J’arrête la voiture et pénètre dans le domaine par une brèche. Il est tel que dans mon rêve ; peut-être un peu plus de broussailles sur le sol. Le ciel est sombre, la brume est là. Un corbeau croasse dans un arbre. Lentement, j’avance jusqu’au perron. Je fais ...