1. Prémonitions


    datte: 02/11/2016, Catégories: nonéro, fantastiqu, Auteur: Radagast,

    mur. — Tu voulais me quitter pour lui, traînée ? Eh bien, je suis grand seigneur : je vais vous réunir, et tu pourras le regarder crever, ton godelureau. Je vous réunis pour l’éternité, et je l’emmène, LUI ! dit-il en montrant le petit paquet de linge vagissant.— Nooon ! hurle-t-elle de nouveau. Le jeune homme tousse ; un peu de sang suinte de ses lèvres, une large tache de sang macule son dos. — Amélie gémit-il. Elle essaie de le rejoindre, mais sa chaîne est trop courte. Elle griffe le sol pour tenter de lui prendre la main, en vain. — Je t’aime Il ne bouge plus. — Mon amour Nooon ! Elle pleure, gémit, pousse des hurlements épouvantables. Les heures et les jours passent. Un faible soupir s’échappe de ses lèvres. — Henri Valia. Et elle ne bouge plus. Amélie vient de rendre son dernier soupir. —ooOoo— C’est le début de l’après-midi lorsque je me réveille. J’ai le visage en sang. Je me dirige vers l’escalier en titubant. Je rentre dans la pièce. Une cheminée, quelques meubles, un moïse. Un panneau de bois sur le mur semble disjoint. Je tire dessus. Un escalier en colimaçon apparaît. J’allume une bougie. Je descends. En bas de l’escalier, une salle : la salle de mon rêve. Au bout d’une chaîne, un squelette gît à terre, son bras tendu vers un autre corps. Le sol est griffé sous sa main crispée. L’autre squelette est allongé, lui aussi une main tendue ; il ne leur manque que quelques centimètres pour se rejoindre. —ooOoo— Lorsque je reviens à l’hôtel, je fais mon petit effet. ...
    J’appelle les gendarmes et leur explique ma découverte. Ils viennent à deux, sarcastiques. Une demi-heure plus tard, toute la brigade est là. Je réitère plusieurs fois mon histoire, mes rêves. Le gendarme est d’un naturel suspicieux ; il téléphone à mon patron et à mon psy. Au bout d’un moment je vacille, au bord de la syncope. Je suis emmené à l’hôpital local où je suis nettoyé, pansé, radiographié, recousu. Le médecin insiste pour me garder en observation. Le chef de la brigade vient me retrouver dans ma chambre. — Vous venez de résoudre une énigme de plus de cent ans. En 1911, Amélie de Saint-Aymé disparut subitement. Son mari éploré, un petit nobliau, la fit rechercher. Mais c’était une Noire, une étrangère venue d’Afrique, au comportement bizarre selon les critères de l’époque. Les recherches s’arrêtèrent vite. Nous l’avons identifiée grâce aux bijoux qu’elle portait. L’autre corps est inconnu. Quand à Raoul de Saint-Aymé, il disparut pendant la grande guerre, à Verdun en 1916. Reposez-vous bien. La nuit est tombée sur la ville. L’hôpital est calme. J’ai mal à la tête mais je trouve le sommeil facilement. —ooOoo— Je me réveille en sursaut et en sueur. Le manoir, je viens de le voir de nouveau ; et de nouveau, ce murmure : « Viens ». Une sensation d’urgence, de danger immédiat me saisit. Je suis vêtu d’une chemise de nuit fournie par l’hôpital ; c’est donc les fesses à l’air et nu-pieds que je me précipite hors de ma chambre ; j’ai pris les clefs de ma voiture que les ...