1. Lazarius et l'antiquaire (5)


    datte: 06/02/2018, Catégories: BDSM / Fétichisme, Auteur: Docsevere,

    Arrivés dans son séjour, elle me fit asseoir à la grande table qu’elle avait dressée pour deux. Une très belle table, rustique, et qui avait du cachet. Elle m’avait concocté un repas normand, qui était vraiment goûteux et que j’appréciai d’autant plus que je n’avais pas dégusté d’escalope à la crème flambée au calvados depuis bien des années. Nous parlâmes beaucoup, elle me raconta sa vie, comment elle était devenue antiquaire, comment elle était devenue normande d’adoption, en achetant cette maison, tandis que moi, qui étais normand à l’origine, j’avais quitté cette région depuis la fin de mes études. Elle me questionna bien évidemment sur ma condition de représentant isolé du sexe dit fort dans un monde devenu un monde de femmes. Je racontai, mais sans vraiment me livrer ; je n’avais pas trop le cœur à m’épancher. Si je trouvais cette femme attirante, c’est parce qu’elle était un peu guindée, une bourgeoise mûre qui manifestement avait toujours eu du fric, genre petite fille née avec une cuillère en argent dans la bouche et qui avait grandi sans connaître une seule galère, du moins aucune galère financière. Elle évoquait souvent les temps devenus durs pour les affaires, le commerce, surtout le commerce de luxe, de l’immobilier, des produits hauts de gamme, parce que l’économie s’était un peu effondrée. Mais elle m’énervait un peu aux entournures parce qu’elle semblait hors du besoin et si elle devait réduire son train de vie, elle ne risquait pas de se retrouver sans le sou ...
    ni à la rue. « Poor little rich girl » pensais-je, dont les rêves de vie dorée, avec un riad à Marrakech s’étaient juste un peu éloignés. Mais si ça n’était pas le type de femmes avec qui je me sentais très à l’aise, avec qui j’allais me mettre à copiner, bref, que j’aurais considéré naturellement, sans réfléchir, comme mon égale, elle m’attirait plutôt par sa manière d’être un peu rigide, et faisait naître en moi des envies coupables de la punir, de la voir lâcher prise, abandonner toute retenue sous la jouissance et la douleur. « - Et vous » me demanda-t-elle, « la vie n’est pas trop dure pour vous ? - Non ça va » lui répondis-je en lui taisant que j’étais médecin, que je n’exerçais plus, et comment j’arrivais à me faire pas mal de fric en monnayant prudemment ma présence auprès des femmes que je triais sur le volet, « je me débrouille. » Elle n’était pas stupide, et devait bien deviner qu’un mec, de nos jours, à moins qu’il soit totalement coincé ou idiot, avait mille façons de gagner de l’argent facilement. « - Bon, » lui dis-je d’un seul coup à un moment où la conversation commençait à se tarir, en partie parce qu’elle ne m’intéressait pas vraiment, « je pense que vous ne m’avez pas fait venir ici, à plus de cent-cinquante kilomètres de chez moi, pour me montrer votre maison, quelques vieilleries, et converser des difficultés économiques du monde actuel, où l’a précipité le syndrome de Barjavel* ? » Elle sembla surprise de mon ton devenu soudainement un peu acerbe et de ...
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