1. Sous les feuillages (2ème partie) / Sous un arbre exactement


    datte: 09/02/2018, Catégories: fh, forêt, amour, Voyeur / Exhib / Nudisme, photofilm, intermast, init, Auteur: Eroslibré, Source: Revebebe

    mon corps poursuivait son itinéraire sensuel mais il lui manquait quelque chose, cette forme de spontanéité, d’inventivité, d’audace déculottée, de chaleureux, qui font que l’extase est d’autant plus foudroyante et incontrôlée. Elle me le faisait remarquer, je n’étais plus tout à fait avec et pour elle. Je ne me suis jamais bien expliqué cette sensation, cette crainte. Était-ce un très vieux relent d’une culture trop marquée par tous les interdits qui peuvent pleuvoir sur soi ? Était-ce une peur naturelle, un réflexe pour se protéger, nous protéger ? Étions-nous si provocants, si choquants ? Quand parfois je musarde sur le réseau, je constate que bien des hommes et des femmes ont jeté aux orties ces barrières, ils sont impudiques voire outranciers, et ne manifestent aucun sentiment d’inquiétude. Rongé par cette angoisse, je rechercherais alors un autre refuge érotique. Elle m’a rejoint, essoufflée d’avoir accéléré le pas pour ne pas être en retard, par crainte de me voir perdre patience et d’aller directement au travail. Nous n’avons aucun moyen de nous joindre et pouvons toujours nous manquer. Après un baiser léger nous plongeons dans la forêt, pourtant nous approchons calmement de notre refuge. Nous nous engageons dans le layon, je la précède pour éloigner les branches assassines qui fouettent les jambes ou le visage, et peuvent s’agripper au moindre pan d’habit. En fait nous allons vite, bien trop vite certainement. Nous avons encore, vivace en nous, le souvenir de la ...
    scène autour du banc dans le jardin public, nous nous interrogeons toujours sur ce qui nous a incités à oser nous déshabiller. Nous sommes pressés, c‘est l’aspect de notre relation construite autour de tous ces instants furtifs, volés, arrachés à un emploi du temps qui nous emprisonne. Là au moins, nous essayons de mettre un terme au cycle des heures et des minutes, de ce qui se perd ou se gagne. Je soulève un dernier branchage encombrant, une porte qui nous ouvre la clairière. Nous évitons un arbre un peu plus imposant que les autres, légèrement en retrait du passage. Une tache de soleil attire notre attention. — Et si nous nous arrêtions ici, lui proposé-je à voix basse. Elle passe devant moi, elle marche souplement sans aucun déhanchement exagéré, ce n’est pas exactement de la légèreté non plus, de l’aisance voilà tout, doublée d’une forme de fluidité. Il émane déjà d’elle un parfum d’érotisme, tout me paraît sensualité en elle. Telle une sylphide, elle prend possession de ce temple naturel, un théâtre qui attend ses acteurs. Il me semble deviner que parfois son corps se tend, je le comprends à la raideur qui affermit ses épaules ou au soubresaut qui la fait tressaillir. Ce matin il y a en elle une impatience visible, une impatience qui me gagne aussi. Qu’est-ce donc que cette exigence qui s’installe en nous ? Quelles en sont les causes ? — D’accord, me répond-elle. Elle dépose son sac aux rondeurs imposantes au pied de l’arbre qui va être le témoin impassible de notre ...
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