1. La dispute


    datte: 12/02/2018, Catégories: fh, extracon, inconnu, boitenuit, danser, entreseins, Oral, fist, attache, yeuxbandés, vengeance, Auteur: Charline88,

    Confortablement installée au premier rang, je ne quitte pas des yeux les deux papillons blancs qui virevoltent devant nous. Ils semblent parcourir l’espace et la petite pièce de deux euros qu’ils tiennent, s’éclipse sous un foulard jaune. Quand le tissu léger est retiré, du bout des doigts qui le soutenaient, c’est une colombe blanche, pareil à un espoir, qui écarte deux belles ailes immaculées. Toute l’assemblée applaudit à ce tour de magie, mais je reste fascinée, moi, non par les mains qui sont habiles, mais surtout par l’homme qui va avec celles-ci. Toi, à mes côtés, toi mon mari, tu ne penses sans doute à rien d’autre, avec ton esprit tortueux, qu’à savoir comment il a pu faire. — Il est drôlement bon, ce prestidigitateur, tu ne trouves pas ma chérie. Je n’arriverai jamais à comprendre comment une pièce de deux euros peut se transformer en oiseau ! Et moi, je ne saurai jamais non plus comment l’homme que j’ai aimé il y a quinze ans, peut être aujourd’hui ce type que j’ai là à mes côtés ! L’amour que j’ai eu pour lui s’est peu à peu transformé en un sentiment tout différent. Nous sommes encore ensemble, mais c’est juste par habitude sans doute. Il n’y a plus de surprise, seulement la routine, le train-train quotidien des jours qui se meurent trop lentement. — Alors pourquoi a-t-il fallu que je pleure presque, pour que tu daignes m’accompagner ici ? Tu sais Alain, j’en ai plus qu’assez de végéter dans cette petite vie que tu m’imposes !— Mais enfin, Maryse, qu’est-ce ...
    que tu as ce soir ? Tu es infecte avec moi. Qui fait bouillir la marmite à la maison ? Tu penses que je vais m’amuser tous les jours ? Le matin quand je pars de bonne heure et les soirs où je rentre tard, tu imagines que je joue, pendant toutes ces heures qui me tiennent éloigné de la maison ?— Tu vois, tu aurais pu dire éloignées de toi ! Mais non, c’est Ta maison, Ta voiture, Tes enfants quand tout va bien, Mes gosses quand les choses ne sont pas ce que tu voudrais qu’elles soient.— Qu’est-ce que t’as, à la fin ? Si tu continues comme ça, tu vas avoir une surprise.— Eh bien ! vas-y, menace-moi, pour une fois que nous sortons ! Fais-moi le grand jeu du mari énervé. J’en ai plus qu’assez de la petite vie étriquée que tu me fais mener.— Bon allez, calmons-nous, ce n’est ni le lieu, ni l’heure pour avoir ce genre de discussion !— Ce n’est jamais le bon endroit à t’entendre, tu me gonfles avec tes idioties. De toute manière, c’est toujours toi qui décides de tout ! Mais attention, Alain, un matin ne ressemblera pas aux autres ! Prends garde ! Quand la coupe est pleine, elle déborde ! Dans les yeux de mon mari, je lis des éclairs qui me fusillent sur place, il est courroucé, mais je n’en ai cure. Les mains devant moi continuent leur étrange cérémonial et le foulard bleu maintenant se soulève, sur de belles fleurs, des roses fraîches. Ça fait bien longtemps que j’ai abandonné l’idée de recevoir un bouquet. Mais c’est vrai que je suis à cran ce soir. Je ne sais pas pourquoi. Le ...
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