1. États d'âme et trahison


    datte: 12/02/2018, Catégories: vengeance, nonéro, historique, aventure, historiqu, amourcach, Auteur: Pierre Siorac, Source: Revebebe

    princesse de Vendôme. Et, dans la mesure où vous êtes impliquée vous-même dans cette entreprise, je pense qu’il est sage que je m’en remette à vous pour régler cette petite affaire.— Vous me donnez donc carte blanche— J’aimerais, si possible, que le sang de Madame de Vendôme ne coule pas.— Et d’Herblay ?— Peu importe, Madame ; son sort ne m’intéresse pas le moins du monde.— Je me charge de tout, mon ami. Je m’en voudrais de contrarier vos méditations Faites-moi confiance ; ce problème n’en sera bientôt plus un.— Je n’en doute pas, ma chère amie. Dieu vous bénisse La duchesse de Longueville sortit du palais de Retz plus radieuse que jamais. Elle tenait enfin sa vengeance ************** Tandis que la cour du Louvre résonnait des préparatifs de la compagnie des mousquetaires gris de d’Artagnan qui devait partir le lendemain, tandis que Rochefort, invisible dans son justaucorps noir et recouvert du manteau de la nuit épiait ces préparatifs du haut des remparts, d’Artagnan – qui connaissait son Mazarin par cœur et savait pertinemment qu’il était sous surveillance – sortit seul par la porte ouest et se rendit à cheval chez son vieil ami Athos. Il arriva au petit matin, décidé à surprendre tout le monde au réveil. Moins décidé à remplir sa mission. Et excluant complètement de se battre contre ses anciens compagnons. Ce n’était – comme le lecteur s’en doute – certainement pas la peur qui le freinait ainsi. Étant le seul des quatre à être resté dans le métier des armes, il se ...
    savait suffisamment fort pour vaincre n’importe lequel d’entre eux. Athos avait dix ans de plus, et l’alcool devait l’avoir passablement abîmé. Porthos, toujours porté sur la bonne chère et la ripaille, devait avoir grossi encore, et sa force titanesque ne l’empêchait pas d’être le plus lent de tous. Quant à Aramis, il était peu probable qu’il ait pu s’exercer beaucoup au maniement des armes dans son couvent de Jésuites. Mais d’Artagnan était sentimental. Il avait de la mémoire, et croyait encore en l’amitié. « Un pour tous, tous pour un ! » restait sa devise, même s’il avait souffert de l’abandon de ses compagnons au fil des années. Aramis avait coupé les ponts avec tous lorsqu’il avait pris sa retraite. De Porthos, il n’avait reçu qu’un faire-part de mariage empli de son immense fatuité, et dont la simple évocation le faisait encore rire aux larmes. Seul Athos avait continué à donner des nouvelles régulièrement. Mais « Loin des yeux, loin du cœur », comme dit le proverbe, et les dernières lettres qu’il avait reçues manquaient de cette flamme nécessaire à l’entretien d’une amitié indéfectible. Ainsi, notre héros se désolait de devoir retrouver ses amis dans de telles circonstances, de l’autre côté d’une barricade qui n’avait aucune chance de résister au pouvoir du Mazarin. Et une petite voix à l’intérieur de sa tête (celle de sa conscience ?) le mettait à la torture. — C’est toi qui as changé, disait-elle ; tes compagnons, eux, sont restés les mêmes.— Tais-toi. Je suis resté au ...