1. Bière et tisane


    datte: 12/02/2018, Catégories: fh, inconnu, boitenuit, amour, cérébral, photofilm, nopéné, nostalgie, coupfoudr, Auteur: Olaf,

    sens vivant. Et je panique à l’idée qu’elle puisse fermer ses paupières, et me laisser seul. Brièvement, je me demande comment nous allons faire pour sortir, sans nous lâcher des yeux. Mais j’occulte rapidement cette pensée parasite. Avec elle, rien de ce qui nous entoure n’a plus d’importance. Je me laisse aller, elle trouvera bien une solution. Nous nous découvrons longuement, à tâtons, en ne donnant de la voix que pour échanger nos prénoms. Qu’exprimer d’autre lorsqu’on tient un être vivant aussi intense au bout de ses doigts, lorsque la plus infime pression des chairs en dit beaucoup plus que n’importe quelle explication ? Pas besoin de formuler ce qu’elle pourrait avoir envie de savoir de moi. Notre bulle résonne de nos sensations, de nos pulsions, de nos attendrissements, de nos émotions. Jusqu’à ce qu’un frémissement de son corps et la réaction de désir qui y répond en moi nous fassent réaliser que nous sommes arrivés à un point de non retour. Notre chaste découverte mutuelle touche à sa fin, le désir naissant devient perceptible à l’intérieur de notre bulle, tout frôlement supplémentaire risquerait de nous faire basculer dans un autre registre. Émus de la simultanéité de cette perception, nous marquons un temps d’arrêt. Un instant suspendu, pour nous assurer qu’elle veut bien. Que je veux bien. Nous confirmer que nous avons envie. Très envie, soudain, violemment, profondément, quoi qu’il advienne. C’était trop beau. L’instant suspendu est brutalement interrompu par ...
    la copine atrabilaire. Pourquoi faut-il qu’elle se sente obligée de nous annoncer qu’elle va partir avec un ancien copain, retrouvé par hasard dans la salle ? Qu’il va la ramener chez elle, ou chez lui (clin d’œil), donc qu’elle lui laisse la voiture. On s’en fout ! Bulle fragile, ne pas souffler trop fort. Donne les clefs de ta bagnole et tire-toi ! Il ne nous faut heureusement qu’une fraction de seconde pour remettre nos désirs au diapason après le départ de l’intruse. Véronique s’approche de moi pour rétrécir un peu la bulle, puis vient s’enfermer entre mes bras. À moitié appuyés contre le bar, nous commençons à nous déguster. Sans hâte, mais systématiquement. Du bout des lèvres, du bout de la langue, du bout des doigts, du bout des seins. Un reste d’humanité nous retient au début, et notre échange se passe dans une semi-discrétion, qui ne trompe probablement que nous. Mais progressivement, l’envie déborde par tous les pores. On se consomme, se consume, nos animalités se débusquent, nous nous empoignons à pleines mains, nous partons le plus naturellement du monde à la recherche du plaisir le plus intense possible. Quelques bousculades et des remarques discrètes, puis de plus en plus acerbes, nous font réaliser, entre deux caresses, que nous donnons un spectacle peu apprécié par notre entourage. Le barman finit par nous proposer de payer, sur un ton peu amène. On peut aller copuler à l’hôtel, si on veut. C’est vrai, si tout le monde s’y met C’est quand même un bar, ici, pas ...
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