1. Douceur insoutenable


    datte: 16/02/2018, Catégories: fh, couplus, Collègues / Travail, fsoumise, hsoumis, hdomine, hmast, pénétratio, sm, attache, yeuxbandés, lettre, Auteur: Collectif Antilogies, Source: Revebebe

    La collection « Antilogies » regroupe des textes courts (entre 1500 et 7500 signes) proposés par un panel d’auteurs recomposé en fonction du sujet « antilogique » mis en ligne sur le forum Revebebe durant le mois en cours – tout membre peut soumettre son ou ses sujets d’antilogies. Tous les lecteurs peuvent avoir accès au forum pour participer ! : Concours et jeux d’écritures ; Antilogies et autres jeux (ré) créatifs - les textes ou Antilogies - les discussions. Sommaire : Papa, Nous nous sommes détestés depuis toujours. Je me souviens encore des repas familiaux comme si c’était hier. Une messe à Saint-Nicolas, suivie d’une grande tablée où le patriarche trônait au milieu de toute sa famille. Tu avais tout fait : militaire brillant, historien, éditeur, intellectuel influent C’était tellement dur de vivre à tes côtés, de faire quelque chose qui me soit cher sans être comparé à tes exploits. Ce qui était encore plus dur était de cacher, chaque jour, ma différence. Tu critiquais souvent mon caractère et mes choix. Ça tournait même à l’humiliation lorsque tu prenais à témoin la famille proche, ajoutant autant de points de comparaison que je ne pouvais pas soutenir. Aujourd’hui, c’est ton tour d’être jeté en pâture. Te souviens-tu de ces groupes de jeunes qui passaient à ton bureau, le soir ? Ils venaient, par petits groupes, chercher les conseils de « l’ancien », comme on t’appelait respectueusement. Tu partageais tes idées, pleines de haine et de racisme. Ils repartaient ...
    pleins de convictions et de courage. La suite, je la suivais dans les journaux. Un Juif tabassé à mort par un groupe de jeunes, un cimetière profané ; ces Unes te réjouissaient au plus haut point. Tu t’exclamais qu’il y avait toujours, finalement, une jeunesse héroïque et droite, prête à reprendre le flambeau et défendre la grandeur de la France. À l’époque, je suivais aveuglément ces idées, baigné dedans depuis la plus tendre enfance. Jusqu’au jour où le mouvement homosexuel a pris de l’ampleur et où ces groupuscules ne se sont plus contentés de ratonnades contre les étrangers. Te souviens-tu de ce pauvre jeune homme, frappé, traîné dans la rue, caillassé et émasculé pour avoir été homosexuel ? Il s’appelait Albert. Et c’était mon mec. Mon adolescence ne s’est pas passée comme tu l’aurais souhaité. J’ai découvert les filles, comme tout le monde. Mon cœur ne s’est jamais emballé sous leurs caresses. Leurs baisers me laissaient froid. J’aurais tellement voulu te poser des questions sur mon mal-être, mais aurais-tu pu comprendre ? Toujours est-il que mes journées étaient tristes, pleines de doutes sur moi-même. Et c’est dans ce contexte qu’Albert est arrivé dans ma vie. Car oui, je suis homo. Je n’ai jamais pu le vivre au grand jour. J’avais trop peur de tes réactions, de ton humiliation publique. Situation cornélienne que la tienne, qui t’étais tant battu pour la liberté des peuples et n’avais pas réussi à voir que ton propre fils vivait emprisonné. Oui, nous, les homos, avons une ...
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