1. Le prix à payer (2)


    datte: 06/03/2018, Catégories: Hétéro, Auteur: Docsevere,

    Elle entendit et vit revenir son patron d'un pas pressé. La visite de la production avait presque duré deux heures. Etait-ce bon signe ? Ils étaient passés devant son bureau vitré sans s'arrêter et s'étaient engouffrés dans la salle de réunion. Un quart d'heure après elle entendit leur voix, il le raccompagnait jusqu'à la porte. Elle eut presque un tremblement d'émotion. Le directeur vint la voir. On ne peut pas dire qu'il était souriant - il ne l'était jamais - mais son visage semblait très détendu. Elle leva la tête et les sourcils d'un air interrogateur, mais n'osa pas poser de question : " - Bon, il est coriace celui-là Mais dans l'ensemble il a l'air plutôt satisfait. En tout cas rassuré sur les délais qu'il exige et qu'a priori on peut tenir. Il a l'air rassuré, question qualité aussi." Puis il ajouta : "- J'étais pris dans un embouteillage et je n'avais pas le chargeur de mon téléphone. Quelle poisse !" Irène n'avait pas dit un mot. Il sortait déjà du bureau, mais presque arrivé sur le seuil il lui lança : " - Bon. Heureusement que vous étiez là. Vous avez assuré." Pour peu elle aurait fondu en larmes. Elle se rassit sur son fauteuil, toute secouée par les chauds et froids qu'elle avait subis au cours de cette matinée. Elle avait finalement pris la bonne décision. Plusieurs semaines passèrent. Le directeur et elle échangeaient surtout au sujet de ce qui la concernait, c’est-à-dire des dossiers du personnel. Mais elle entendait parler les autres collaborateurs du ...
    service commercial, de la production, et comprit que l'affaire n'était pas conclue avec le fameux client. Rien n'était encore gagné. Mais si le contrat ne devait pas être signé avec son entreprise, on ne pourrait pas lui mettre ça sur le dos : en tout cas, elle en était convaincue. Comme cette affaire ne la stressait plus, elle se permit de questionner son patron, à un moment où ils n'étaient que tous les deux, au sortir d'une réunion : " - Et le contrat avec le client italien, il va être signé ? - Malheureusement, ça traîne un peu en longueur. Il se disait pressé au début, et il fait traîner le dossier. Un drôle de type. - Ça n'est pas bon signe ? - Rien n'est encore joué. Je veux dire, le processus est bien engagé, mais, comment je me méfie de ce genre d'individu qu'il nous mette au dernier moment le couteau sous la gorge en prétextant je ne sais quoi, et réclamant une baisse alors qu'il aurait gardé sous le coude l'offre d'un concurrent en l'ayant fait mijoter. Vous savez", ajouta-t-il en la regardant, "ce sont des pratiques courantes, malheureusement " "Enfin" continua-t-il après un silence, "je vais le rappeler, je veux être fixé. On mobilise beaucoup de personnes, dont le bureau d'études, et si nous n'avons pas l'affaire, autant qu'on le sache." Irène en fut un peu attristée. De quoi relativiser, se disait-elle, sur la façon dont on devait traiter un client. "Tout, de nos jours, était surtout affaire de gros sous" pensa-t-elle, tout le reste autour n'était que quantité ...
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