1. Prélude - Troisième partie


    datte: 11/03/2018, Catégories: fh, Auteur: Lilas, Source: Revebebe

    Note de l’auteur : Ce texte est réservé à un public averti. Il ne contient aucune scène érotique. Il raconte l’histoire, intellectualisée, de la rencontre de deux êtres que rien ne prédisposait à se revoir. - Monologue - Aurais-tu lu dans mes yeux ? Te voilà soudain prévenant, tu profites que Lisa a le dos tourné pour passer une main rapide mais sécurisante dans mes cheveux. Je détourne la tête. C’est peut-être la musique qui me rend si nostalgique, ou plutôt, si mélancolique. Chère mélancolie, bleue et noire, qui teinte les choses autour de moi d’un voile de chagrin et de regrets. Revenir en arrière, si je le pouvais – Ne pense plus au passé, me glisses-tu à l’oreille. Tout ça c’est derrière toi maintenant La pause se termine, les musiciens reviennent sur scène ; je ne peux donc pas te répondre. Je ferme les yeux au son du violon, et dans ma tête, j’ai la réponse toute trouvée : si tu savais mon ami, à quel point le passé agit sur nos actions présentes Mais je me tais, et j’écoute la musique, bercée par le rythme entêtant de la mélodie, et le battement désabusé de mon cœur. Ah, la musique la musique et les regrets, comme ils vont si bien ensemble, comme ils forment une si amère harmonie qui vient de l’intérieur Lisa – ton amie – a tout de la fille adorable dont tu pourrais un jour tomber amoureux. Blonde, très jolie, drôle, sympa et très gentille ; en plus de ça, son enthousiasme est contagieux. Je remarque tous ces petits gestes – affectueux pour le moment – que vous ...
    avez l’un envers l’autre ; vous vous effleurez les mains, l’épaule, le bras, tous les prétextes sont bons pour que vous vous touchiez. Tu as les yeux fixés sur la scène en face de nous, distante d’une dizaine de rangs ; mais parfois, dans l’obscurité, je sens ton regard dévier sur Lisa, assise devant moi : tu la regardes écouter, tu ne perds pas de vue un seul de ses mouvements lorsqu’elle arrange ses cheveux. Il fait une chaleur étouffante dans la petite pièce surpeuplée ; Lisa retire son pull, et là encore, tu ne rates pas une miette du spectacle. Assise à côté de toi, je fulmine en silence. J’aurais presque envie d’en pleurer de rage, de trépigner sur place pour que vous ouvriez les yeux sur moi ; mais je me contiens, même si c’est difficile. Après tout, ce serait tellement enfantin de ma part. Je ne peux pas être jalouse, je n’en ai pas le droit, et puis c’est un sentiment que je m’étais jurée de ne plus éprouver pour des gens qui n’en valent pas la peine. En fait, le mieux pour moi, ce serait que j’en vienne à ne plus l’éprouver du tout, pour personne. La jalousie c’est une sensation tellement primaire, presque primitive : on veut ce que l’autre a, sans se soucier de la morale, de la droiture, et du droit que possède chaque personne à disposer d’elle-même, c’est-à-dire la liberté individuelle. Tu es un être humain, et de ce fait, personne ne te possède, jamais. Tu ne fais que te prêter aux gens ; je comprends donc mal pourquoi je serais jalouse de ce que tu offres ...
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