1. Aurane le désir sous influence (2)


    datte: 28/03/2018, Catégories: Lesbienne, Auteur: lipstick, Source: Xstory

    Réveillée par un rayon entre les persiennes du soleil pressé de mettre les choses et les êtres en mouvement, je reste un moment à contempler Coralie, alanguie sur le drap à peine froissé d’une nuit sage, le visage serein auréolé de sa tignasse sombre en corolle sur l’oreiller. Le jeu dans le canapé, la sincérité du plaisir ressenti, ne doit pas remettre en cause la pureté d’une relation longue de deux ans. Nos attractions différentes ne briseront pas une si belle amitié. Le haussement d’une épaule, la moue inconsciente d’un sourire, la belle endormie s’apprête à ouvrir les yeux, peut-être troublée par mes sentiments paradoxaux. Allez ! Debout ! Je dois préparer le petit-déjeuner. Ce n’est pas la première fois qu’on dort ensemble. Je me lève, décidée à mettre de côté mes états d’âme, et quitte la chambre après un dernier regard vers la silhouette allongée sur le lit. Balade dans le quartier de la Gare de l’Est, un paisible samedi matin sous le soleil d’août, on se complait à ne rien faire parmi les promeneurs. La terrasse ombragée de parasols d’un bistrot nous suffit pour l’instant, côte à côte, le regard de l’une tourné vers les beaux garçons, celui de l’autre attiré par les jolies filles. – Tu crois que j’ai la cote avec Marie ? Je pose la question à mon amie en admirant de l’autre côté de la rue le corps élancé d’une jeune joggeuse en mini short et maillot, occupée à des exercices d’étirements. – Je ne sais pas, soupire Coralie agacée. Elle a peut-être une copine. ...
    Pourquoi ce ton acerbe ? Elle jalouse la serveuse du 3 W ? Le jeu dans le canapé, à condition d’apprécier ce plaisir intense comme une banale distraction, occupe encore son esprit. Pourtant, elle n’a jamais montré d’attirance pour les nanas. Ou elle a peur qu’en tombant amoureuse, je l’abandonne. – Ce n’est pas un problème. Je veux découvrir ma sexualité, pas rencontrer la femme de ma vie. Coralie est rentrée chez ses parents, désireux de profiter un peu de sa présence. Le temps est venu de rendre une visite qui me tient à cœur. Ma grand-mère maternelle représente à mes yeux la parfaite incarnation du grand mystère de l’existence. Qui est vraiment cette dame souriante de 65 ans ? Qu’est-ce qui a pu l’amener à un tel niveau de conscience ? Son comportement, aussi troublant soit-il, n’en reste pas moins un gage de tranquillité, comme ces heures passées dans un fauteuil relaxant à regarder le vide et à écouter le murmure du silence, présence éthérée souriante aux fantômes que personne à part elle ne peut voir. J’adore embrasser sa peau parcheminée à la bonne odeur de savon d’Alep, garder sa main au chaud dans la mienne, lui prouver toute l’étendue de mon amour, me tenir près d’elle sans bouger de peur de la voir disparaître aussi. Plus que le souvenir réel d’un deuil dans ma petite enfance, je ressens le manque de repères accordés souvent par ces personnages hors du temps. Mon grand-père paternel a succombé à une maladie du travail avant qu’on ne lui laisse le temps de marquer mon ...
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