1. Aurane le désir sous influence (4)


    datte: 30/05/2018, Catégories: Lesbienne, Auteur: lipstick,

    Le retour de Coralie dans mon espace ce mardi fait bondir mon cœur. Impossible de ne pas la serrer dans mes bras, de ne pas m’enivrer de son parfum léger, de ne pas caresser la soie de ses cheveux, de ne pas baiser la peau tendre de sa joue. – Je suis désolée pour hier soir, s’emballe ma complice de longue date. Ce n’était pas cool de te laisser tomber. Je ne veux pas que tu penses que notre amitié est morte à cause de Comme bien des gamines de 19 ans, on oublie les tournures de phrases apprises sur les bancs de l’école sous l’effet de l’angoisse. Les émotions exacerbées entraînent un flot de paroles souvent répétitives, parfois contradictoires. Qu’importe, nos regards se chargent de raconter l’essentiel. Paris plages, un rêve de mégalomane sur l’écrin de la Seine, ou comment délivrer les Parisiens de leur misère citadine. Allongées en maillot de bain sur le sable sous le couvert d’un parasol bleu, on disserte sur ce qui pourrait devenir un sujet de philo au bac dans les prochaines années. Les manifestations hormonales de quelques garçons pour attirer notre attention se soldent par des échecs. Coralie imite à la perfection mon manque d’intérêt évident. Je suis encore dans le flou de ma nouvelle existence, préoccupée par l’aspect physique de mon orientation. Ma complice est prête à tout pour préserver notre amitié. À tout ou à quoi ? La question s’installe dans mon esprit. Coralie avait annoncé de longue date la réunion de famille à l’anniversaire de son jeune frère. Notre ...
    séparation pour deux jours ne laisse aucune amertume. Néanmoins, la soirée s’annonce longue comme celle d’un jour sans fin. Peut-être une virée dans le Marais me changera les idées. La sonnerie de mon portable joue les trouble-fête. Une voix inconnue m’interpelle. Agnès m’a donné le numéro de téléphone d’une amie, elle lui a aussi donné le mien. J’écoute par politesse. Avec la Tour Eiffel en point d’orgue, le 7ème arrondissement représente le pouvoir de l’argent dans Paris intra muros ; l’appartement dans lequel je suis conviée à entrer fait honneur à la réputation du quartier. – Bonsoir, Aurane, s’émoustille une voix rauque teintée d’un accent britannique, je suis Cindy. Bienvenue chez moi. Contrairement à son amie Agnès, donner un âge à cette femme BCBG relève de la gageure. Entre quarante et quarante-cinq ans peut-être, ou davantage ; le maquillage léger en tons naturels neutralise les effets du temps. Un carré court donne du volume aux cheveux châtain autour des oreilles, des pattes d’oie à peine marquées étirent un regard noisette indiscret, des pommettes saillantes reflètent une touche colorée sur le visage marqué par un nez grec prononcé sur une bouche droite qui mériterait davantage de relief. Ni belle ni laide, Cindy impressionne par son côté nature. – Entre, voyons. Le rire de la maîtresse de maison n’a rien de surfait, expression d’une joie de vivre sincère. Mais la rumeur qui s’évade du salon me retient. – Vous recevez du monde, je ne veux pas déranger. – Je t’en ...
«1234...»