1. Aurane le désir sous influence (3)


    datte: 05/07/2018, Catégories: Lesbienne, Auteur: lipstick,

    Le retour de Coralie se laisse apprécier après une journée réservée au souvenir de ma toute première aventure. – Tu vas faire quoi maintenant ? La curiosité de mon amie m’amuse, et me pousse à la réflexion. « Expérimenter, multiplier les rencontres, apprendre toutes les facettes du sexe au féminin pluriel. » ai-je envie de lui chanter. Mais d’autres mots sortent de ma bouche, autant éviter une provocation inutile. – Profiter de la vie, les vacances ça sert à ça. On fait du shoping aujourd’hui ? Ma complice acquiesce en silence, circonspecte. Son regard sur moi change, il perd sa belle candeur. Le fait de narrer mon expérience de samedi a brisé le dynamisme de notre relation. J’ai l’impression d’avoir grandi sans me préoccuper d’elle. Mon orientation était l’occasion de débat jusqu’à ce jour, quelque chose d’abstrait comme le fait de gagner au loto. C’est devenu une certitude concrète avec le passage à l’acte, on ne peut plus l’évoquer avec insouciance. Le départ de Coralie à 17 heures me surprend. Cette journée sans relief me laisse une impression de gâchis. Peut-être suis-je devenue à ses yeux la « gouine », celle qu’il faut éviter de fréquenter sous peine de compromettre sa réputation. Je préfère sortir, l’envie de hurler est trop forte.. Une terrasse à l’ombre des platanes, proche du Square Maurice Gardette dans le 11ème arrondissement, « Chez toi ou Chez moi », drôle de nom pour un bistrot. Les places sont chères sous la chaleur estivale, plus une table disponible ne ...
    s’offre à moi. Une femme de 40 ans environ cesse de s’incruster du regard dans un groupe de cinq nanas délurées de mon âge. Je me sens étudiée de la tête aux pieds. – Assieds-toi, je t’en prie. Qu’est-ce que tu veux boire ? La coupe à la garçonne, aux reflets châtain, donne du tempérament au visage rond. Une mèche s’étire sur la largeur du front au-dessus d’un regard noisette pétillant de malice. Le nez droit se profile sur la bouche aux lèvres charnues. Un tailleur gris met ses rondeurs en valeur, l’ensemble dégage une certaine sensualité. Oubliées les filles à leur table, je suis devenue la proie. C’est ce que je voulais. Il arrive parfois de se méprendre sur les intentions d’une personne. Mais là, impossible de ne pas saisir la volonté de séduire de cette femme d’allure bourgeoise. Je choisis de la laisser mener le jeu à sa guise, sans savoir où cela nous mènera, pour le plaisir de me sentir désirée. – La même chose que vous. – On peut se tutoyer, sourit mon interlocutrice afin d’instaurer un indispensable climat de confiance. Je m’appelle Agnès, et toi ? – Aurane. Mon imitation de la petite fille intimidée est parfaite, on peu trop même. Un doute assaille la charmante inconnue. – Que fait une demoiselle de ton âge seule dans ce bistrot ? Tu attends tes parents peut-être. – Je suis jeune, mais j’ai 19 ans. Inutile d’en dire davantage. Je contenterai la curiosité d’Agnès au fur et à mesure. La serveuse s’approche. Deux heures plus tard, d’autres clients ont remplacé les cinq ...
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