1. Heur et malheur de la môme Zara


    datte: 09/07/2018, Catégories: ff, couleurs, revede, noculotte, nonéro, mélo, historique, amourdram, Auteur: Annie-Aime,

    Préambule : Zara n’est pas tout à fait une inconnue sur Revebebe, elle est l’héroïne du récit « La Sauvageonne Kanouri » que j’ai publié en juillet 2009 (N° 13349). Elle n’était alors qu’une villageoise inculte et sauvage, dupée par un malin qui abusa longtemps de sa crédulité. Heur et malheur de la môme Zara Si Zara nourrissait encore des illusions, elle dut déchanter ; son ex-amant, ce salaud, l’ignorait ou refusait de la recevoir. Dès lors son ultime espoir s’évanouit, plus rien n’avait de sens, elle était anéantie, ne mangeait plus, ne sortait plus et restait sourde à la complainte que colportait une brise narquoise. Dans le village, les femmes jasaient, s’effarant à qui mieux-mieux. Les gamins à l’affût s’ébaudissaient, vulgarisant des fredaines. Les hommes, le soir, sous l’arbre à palabre débattaient doctement. D’aucuns rajoutaient une touche, persuadés de connaître mieux que d’autres les mésaventures de la petite sauvageonne. Même le remue-ménage aux États-Unis où la communauté noire affrontait d’importants bouleversements dont les échos arrivaient jusqu’au village, ne parvenait pas à chambouler l’ordre du jour. Du reste, qui se souciait de Malcom X, ce leader noir qu’on disait assassiné. Rien à voir avec le frisson qui les tenait tous en haleine, à l’écoute du récit sans cesse réécrit des déboires de la môme Zara. ooo000ooo Zara savait que son père n’assistait pas aux réunions avec les autres. Elle le devinait prostré quelque part, ruminant sa honte, solitaire et ...
    désespéré. Un désespoir pétri d’humiliation, de chagrin et de rage. Le chagrin l’emportait-il sur la rage ? Elle l’espérait. Une illusion car son père enrageait de son honneur perdu, plus encore que d’avoir dilapidé son bien pour rembourser la déperdition sur la dot et bien plus qu’il ne se chagrinait de la détresse de sa fille, autrefois adorée, si tant est qu’il avait même une pensée compatissante pour elle. Et en vérité, seule la mère lui montrait un peu d’humanité, non pas que celle-ci ne mesurât pas l’ampleur de la catastrophe, mais elle savait qu’il y aurait forcément un lendemain dont elle se préoccupait déjà, plus que du présent que l’on ne pouvait plus changer. C’était elle qui décida d’éloigner sa fille, l’envoyant accoucher chez la tante, sa sœur, mariée à un fonctionnaire de police et qui résidait dans une petite localité proche de Diffa, la préfecture du département. ooo000ooo La tante, la plus jeune sœur de la mère de Zara, elle-même génitrice d’une nombreuse progéniture, était une femme généreuse, adorable et facile à vivre et tout aurait été pour le mieux pour la pensionnaire, n’eut été l’imbuvable mari. Celui-ci, fier, arrogant, imbu de sa personne, jaloux de son autorité et volontiers donneur de leçon, n’appréciait pas du tout le tour de cochon que lui jouait la parentèle paysanne à laquelle il était affilié par sa femme. L’expression porcine prend tout son sel quand on sait que le cochon n’est pas du tout prisé dans ces parages voués au Prophète Mohamed (Que le ...
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