1. La tentation du velours 13


    datte: 09/07/2018, Catégories: Entre-nous, Les femmes, Auteur: Orchidée, Source: Hds

    Ma chère Lola, On m’accusera d’opposer les classes ou de caricaturer, ce n’est pas mon intention. Mais il faut reconnaître que je suis plus à l’aise dans le Marais que dans ces soirées trop guindées, entourée de gens qui se croient tellement supérieurs qu’ils en deviennent ridicules. Bien sûr, on trouve des personnes sincères dans les galas de bienfaisance, intéressées par des causes à défendre, mais les parvenus profitent trop souvent de l’occasion. Paris a retrouvé ses couleurs avec septembre, les touristes sont encore présents mais le retour des Parisiens rétablit l’équilibre. Je n’ai même pas eu l’occasion de profiter de Paris Plages avec les contrats qui s’enchaînent. Tu te rends compte, Lola, pour la première fois de ma vie j’aurai une raison de remplir ma déclaration de revenus. Des milliers de gens le font depuis des années, traverser pour la première fois la Manche par le Tunnel reste pourtant une expérience excitante. Mon oncle m’attendait à la gare comme prévu. Le bus est sans doute la meilleure option pour visiter Londres, on en a abusé. Le bureau d’Alain dans la City, le quartier commerçant de West End, la Tour de Londres, je voulais tout voir, le temps a manqué bien évidemment. Un déjeuner tardif autour d’une salade fut l’occasion pour moi d’une mise au point. Je gagnais beaucoup d’argent dans une profession qui me plaisait, cependant avec la contrainte d’une carrière courte. La nécessité de reprendre mes études ne s’imposait peut-être pas. Si j’avais été un ...
    garçon doué pour le foot, on ne m’aurait certainement pas demandé de sacrifier un contrat dans un club prestigieux afin d’intégrer les rangs de la Sorbonne. Alain se rangea à mon avis, soulagé que je lui demande de placer lui-même mon argent sur des investissements sans risque. Il avait ses relations à la City. Robe de soirée, maquillage léger, j’ignorais pourquoi Alain souhaitait me voir ainsi jusqu’à ce que, le soir venu, un taxi nous dépose devant un hôtel près de Piccadilly Circus. On nous fit entrer après vérification des cartons d’invitation dans un salon très victorien comme on en voit dans les vieux films. Là, une foule bigarrée papillonnait autour d’un buffet impressionnant réalisé par un Français. Nos chefs cuisiniers ont toujours la cote dans la capitale anglaise. Á Londres ou à Paris, une réception reste une réception, j’arrive désormais à me sentir à l’aise dans ces melting-pots brassés au rythme des évènements culturels. Jamais les différences ne sont aussi criantes que dans ces rassemblements où tout le monde veut ressembler à tout le monde. Le silence soudain de l’assemblée m’avertit de l’arrivée d’un personnage important. Non Lola, il ne s’agissait pas du Prince William et de son épouse Kate. Poursuivie par une petite troupe de journalistes au comportement d’une meute de chiens coureurs, Katia Amaliev se dirigea droit sur moi, au grand désappointement de certains notables amers de se faire voler la vedette. Elle serra la main d’Alain avant de m’offrir un baiser ...
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