1. Lisa et la vie de Château (2)


    datte: 09/08/2018, Catégories: Divers, Auteur: Jessarmand,

    L’infirmière au Château Le lendemain, vers 14h30, j’ai pris ma voiture avec ma tenue d’infirmière dans un petit sac de voyage dans lequel j’avais aussi mis un flacon de gel lubrifiant, mes accessoires de toilettes et de maquillage et quelques capotes, au cas où. J’avais le ventre en feu et le cœur serré d’appréhension car toute la nuit, j’avais eu en mémoire l’épouvantable état physique de Joslin et de son jumeau, leur aspect inhumain, effrayant, terriblement repoussant et mes rêves avaient été spéciaux et très tourmentés. Vêtue d’une petite robe d’été à bretelles, je suis arrivée vers 15h chez Mme de Siennes qui m’attendait déjà sur le perron. Elle est venue jusqu’à la voiture pour m’accueillir et m’embrasser, entre amies. Elle était visiblement un peu inquiète. « Vous allez bien ? Vous allez parvenir à tenir le coup ? » Je l’ai fixé dans les yeux : « Je vais faire de mon mieux J’ai un peu peur, bien sûr. J’ai amené une tenue d’infirmière. Au moins, cela va me donner une contenance. J’ai suivi votre conseil.» Elle a pris ma main. « Venez, ils vous attendent. Ils savent que vous allez venir. Ils ont pris leur douche sagement pour une fois mais, là, ils ne vont bientôt plus tenir en place. » Elle m’a emmenée dans sa chambre et devant elle je me suis changée. J’ai retiré ma robe devant elle. Elle ne me quittait pas des yeux. J’ai enfilé ma paire de bas blancs à jarretières et ma blouse puis j’ai mis mes escarpins blancs à hauts talons. Elle était fascinée. « Que vous êtes ...
    belle! J’ai hâte de vous retrouver pour notre prochaine soirée entre amies. » J’en aurai ri, si j’avais encore eu le cœur à l’humour. Elle est venue m’embrasser et je l’ai laissée faire, un peu, mais juste un peu, car autre chose m’attendait et j’avais vraiment la tête ailleurs. Elle a bien perçu ma réticence, mon angoisse, et a soupiré avant de dire. « Allons, il faut y aller, sinon ils vont s’impatienter et devenir incontrôlables. » Elle a encore soupiré, s’est écartée et a pris ma main pour me conduire jusqu’à la chambre de ses fils. J’avais les jambes en coton et tout le reste en vrac. Je frissonnais et transpirais déjà de stress. J’étais à la limite du malaise. Mon cœur battait trop fort et je ressentais une espèce de nausée. Je l’ai suivi comme j’ai pu. Elle a doucement ouvert la porte. La pièce était sombre car les doubles rideaux étaient fermés. Elle m’a dit, à voix basse : « Ils n’aiment pas les fortes luminosités ; cela leur fait mal aux yeux. » « Tant mieux ! » ai-je pensé. « La lumière crue sur eux et qui mettrait en valeur leurs anomalies physiques et leur physiques de golums, cela doit être terrible, insupportable. » Nous étions dans leur chambre. Je ne les ai pas vu de suite, car il faisait vraiment sombre puis, mes yeux s’habituant peu à peu à l’obscurité relative, j’ai aperçu un être difforme, de petite taille, se déplacer en une sorte de claudication ou de sautillement pendulaire. Sa mère l’a appelé et il est venu vers nous, les yeux grands ouverts, en soucoupes, ...
«1234...12»