1. Annick


    datte: 21/09/2018, Catégories: Lesbienne, Auteur: sapholover,

    On entend souvent dire que l’adolescence est l’âge de la révolte. Les jeunes remettent en question l’autorité sous toutes ses formes : les parents, les professeurs, les policiers et j’en passe. Ce n’est pas nécessairement vrai pour tout le monde. Parfois, les ados peuvent être très conformistes dans leur volonté de s’affirmer, surtout lorsqu’ils sont en groupe. Et quand je dis conformistes, je ne fais pas référence aux signes extérieurs, comme le port de la casquette ou des jeans larges. Il s’agit plutôt de préjugés qui ont encore la vie dure, en dépit des progrès réalisés ces dernières années. C’est le cas notamment d’une professeure qui m’a enseigné au secondaire et que j’ai eu l’occasion de retrouver quelques années plus tard, alors que j’étais devenue une jeune adulte.Mademoiselle Mallini était responsable du cours de biologie en secondaire trois. Fraîchement arrivée d’Équateur au trimestre dernier, elle suscitait l’admiration de bien des collègues et élèves. Tout le monde l’aimait. En effet, en plus d’être une excellente pédagogue, elle possédait ce don précieux de savoir écouter. On n’était jamais mal à l’aise avec elle. Si une élève éprouvait le moindre problème ou si elle avait tout simplement envie de se confier, elle savait qu’elle trouverait en cette professeure une oreille amicale. Derrière ce regard doux et bienveillant, on pouvait aisément déceler une perspicacité et une vivacité d’esprit peu communes. C’est ainsi que notre professeure devint la confidente de ...
    plusieurs d’entre nous. Par ailleurs, elle avait tout de la beauté de la femme latino-américaine : grande, élancée, des cheveux d’un noir de jais légèrement bouclés, le teint naturellement basané, les prunelles marron, des lèvres de corail et une dentition à rendre verts d’envie bien des publicitaires de dentifrice. Sans ostentation, sa tenue était toujours soignée. Tout cela sans parler de ses eaux de toilette, délicates, raffinées. Juste assez pour titiller les sens.Néanmoins, en dépit de ces traits de caractère, mademoiselle Mallini était l’objet de moqueries de la part de quelques élèves. Non pas que ces railleries éclataient au grand jour. Au contraire, elles se manifestaient le plus souvent par des chuchotements, des rires étouffés, des sourires en coin ou des regards complices lorsqu’elle arrivait en classe ou qu’elle marchait dans le couloir. Bien que notre professeure était discrète sur sa vie personnelle, des rumeurs circulaient à l’effet qu’elle était attirée par les femmes. Certaines de mes camarades prétendaient qu’une femme, toujours la même, venait la chercher de temps à autre à la fin de la journée. Je leur répliquais que cette observation ne prouvait absolument rien. Il pouvait très bien s’agir d’une amie qui travaillait non loin de notre école et qui offrait à Gabriela, c’est le prénom de mademoiselle Mallini, le transport lorsque c’était nécessaire. Et puis après, quand même cela serait vrai, qu’est-ce que ça pouvait bien leur faire! Il s’agissait toujours de ...
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