1. Addicte (3)


    datte: 12/10/2018, Catégories: Lesbienne, Auteur: Orchidée,

    « Le moral tient parfois a peu de chose, le mien a cessé de jouer au yoyo samedi matin avec l’arrivée de mon oncle, Alain m’a offert un fabuleux voyage dans le temps et l’espace. Le souffle du hasard nous guida au travers des rues et des ruelles encombrées à la découverte de Montmartre qui étalait son insolente majesté à la face du monde, puis les réalisations de l’architecte Hausman se substituèrent aux œuvres de la Renaissance. Le passage d’un siècle à l’autre se faisait sans heurt, on se trouva plus loin propulsés au Moyen-âge avant de nous faire rattraper par le modernisme. Que garder de ces instants qui mis bout à bout tissèrent le canevas d’une journée de rêve, sinon le souvenir d’un magnifique été quand le mois de juillet se prélassait sur les rives de la Seine, le long des berges animées d’une vie particulière, sur la terrasse d’un bistrot de quartier digne d’une illustration de Francisque Poulbot, au cœur d’une foule bigarrée sur l’esplanade du Centre Pompidou, face aux tours de Notre-Dame plantées dans un ciel généreux. On ne pouvait qu’aimer Paris dans toute sa splendeur. Le souci constant fut d’éviter les discussions d’ordre privé. Comment expliquer à son oncle « j’ai fait l’amour avec une femme en âge d’être ma mère qui m’a fait prendre un pied phénoménal, depuis je n’arrive plus à penser à autre chose ». Par chance, Alain resta d’une discrétion louable. Après son départ en début de soirée, je fus saisie d’une furieuse envie de mettre de l’ordre dans mon ...
    existence. » J’étais hétéro normée depuis toujours, rien ne changeait ça. Comme les autres, il fallut me plier aux pratiques banalisées au lycée sous peine d’être mise à l’index, la pire des punitions pour une ado. La découverte de la sexualité faisait partie du programme au même titre que le français et les mathématiques, coucher était une manière d’affirmer sa place dans un univers aux contours mal définis, attitude jugée normale par tout le monde, même si les mecs avaient une fâcheuse tendance à oublier la notion de plaisir partagée. L’épanouissement se faisait attendre au point de douter de mes capacités à entretenir une relation normale. Bien sûr il ne fallait pas s’attendre à un feu d’artifice les premières fois, mais on pouvait espérer un minimum d’attention. Malheureusement, aucun mec ne m’en avait donnée. Je n’étais pas persuadée que sucer une bite avant de la recevoir dans mon ventre devienne une des priorités de ma vie future. Non, les aventures cette semaine ne pouvaient en rien se comparer aux furieux coups de reins d’amants pressés. Chantal et Agnès avaient su se consacrer à mon plaisir, leur science m’avait ouvert la perspective de jouir de la vie à condition d’oublier les mecs de mon âge, un sacrifice que je pourrai supporter sans trop de mal. – Des ados sans expérience, les hommes se comportent mieux que ça. Parler seule à mi-voix me tira un sourire un peu forcé. Combien en avais-je connu pour m’avancer ainsi ? Aucun, voici peut-être la raison qui avait fait de moi ...
«1234...11»