1. Chapitre 1 - Dakota


    datte: 06/11/2018, Catégories: ff, amour, fsoumise, fdomine, Voyeur / Exhib / Nudisme, fgode, jeu, BDSM / Fétichisme, baillon, Auteur: Oceantwenty,

    Je suis photographe. Mes clichés sont imprégnés de sang et de haine, couleur rougeoyante d’un monde en éruption. Je passe ma vie dans les avions, voyageant d’un champ de bataille à l’autre pour immortaliser les atrocités de l’humanité. Je foule les pas légendaires d’Hemingway et de Cappa avec cette même fascination morbide pour la mort sous toutes ses formes. J’aimerais penser que je travaille par idéalisme, pour cette cause noble qui est d’informer le monde, mais je ne suis pas dupe. Je ne suis qu’une junkie se droguant à l’adrénaline. Ma cocaïne a l’odeur de la poudre et me donne des visions de charniers où les corps s’empilent comme autant d’offrandes à la folie humaine. Je reviens du Moyen-Orient. C’est le nouveau paradis de la violence, une violence pure et barbare comme un air de heavy métal. J’associe souvent un air de musique aux guerres, sans doute parce que les musiciens, comme les guerriers, se libèrent complètement, s’affranchissent de toute forme de morale pour culminer dans leur art. L’homme libre est un monstre, un prédateur dans toute sa splendeur. La limousine franchit le portail familier de la propriété. Le garde me salue d’un signe de la main, sourire édenté plaqué sur son visage jovial de Mexicain. Je l’ignore. J’ai vu trop de visages, visages d’hommes et de femmes aujourd’hui disparus dont il ne reste que quelques pixels sur la carte mémoire de mon Nikon. Il m’arrive parfois de craindre mon propre reflet, celui de la femme aux yeux vides que je croise ...
    parfois dans le miroir ébréché d’un hôtel miteux. Le chauffeur ouvre la porte. Je descends sans même croiser son regard. Il fait partie du décor terne de la civilisation. Il ne dégage aucune aura, suit sa routine quotidienne avec la précision d’un automate. Je ramasse mon vieux sac de cuir – mon unique bagage – et gravis les marches du manoir. C’est un édifice de style néo-classique construit au milieu d’un immense parc maintenu par une armée de jardiniers. Chaque mètre carré respire la perfection : haie parfaitement coupée, pelouse d’un vert brillant et arbres exotiques alignés comme des soldats. Rien de tout cela ne m’appartient ; je ne suis qu’une locataire occasionnelle. J’y vis entre deux reportages en compagnie de Claire, la propriétaire des lieux. Je dois vous parler de Claire ; elle est sans doute la seule personne encore capable d’éveiller en moi quelques émotions, d’aviver le feu mourant de mes sentiments. Nos relations sont difficiles, vagues et fluctuantes, mais elle occupe une place importante dans ma vie. Sous bien des aspects, elle est mon yang, le poids d’organisation et de logique qui me permet de maintenir un précaire équilibre. Sans sa présence, je me serais sans doute depuis longtemps perdue dans un de ces enfers du monde que j’affectionne tant. Inutile de vous préciser qu’elle est aussi très riche. Elle pourrait se contenter d’une vie oisive, mais ce n’est pas dans sa nature : Claire adore collectionner les richesses, agrandir son empire. Elle se drogue au ...
«1234»