1. Augusta, ou mourir de chagrin


    Datte: 26/12/2018, Catégories: fh, couplus, extracon, cocus, ascendant, oncletante, alliance, religion, prost, humilié(e), hmast, Oral pénétratio, journal, lettre, confession, mélo, historique, amourdram, beaupere, inceste tarifé, Auteur: Tito40,

    J’ai été conçu un soir de septembre 1913 alors que mon père rentrait du service militaire. Ses parents – mes grands-parents, donc – exploitaient une ferme au beau milieu de nulle part. Une vie de labeur, de labours, de battages, de récoltes, de disettes ; une vie misérable, mais heureuse. Mes parents n’étaient pas mariés, et mon papa fut peut-être maladroit ce soir-là, mais on me dira, plus tard, à quel point il était amoureux. Alors mariés ou pas, ce qui compte, c’est l’amour qu’on se porte et qu’on transmet. On a célébré les noces à retardement. Je regarde souvent la photo de famille de l’époque, une photo en noir et blanc bien sûr, un peu passée. On y voit les mariés, heureux, les frères et sœurs qui deviendront mes oncles et tantes, les parents qui deviendront mes grands-parents, quelques cousins et cousines, des enfants qu’on a oubliés, un soleil indirect qui donne une chaleur particulière au cliché. Je sais que je suis là, mais on ne me voit pas. Peut-être, d’ailleurs, sont-ils les seuls à savoir que je suis là, que j’arriverai bientôt. Ma maman, Augusta, semble bien frêle. Elle est pâle et maigre, mais un sourire radieux illumine son visage tourné vers son mari, mon père. Une image peut parler, il suffit de saisir l’instant. Le photographe qui a saisi ce moment ne l’avait peut-être pas vu au moment où il a demandé à ses sujets de sourire, mais on ne voit que ça : l’amour dans les yeux brillants de ma mère. On dirait presque qu’elle en pleure tellement elle est ...
     amoureuse. Pleurer, elle en aura bientôt l’occasion quand mon père sera mobilisé, qu’il quittera la ferme pour prendre le train pour l’Est. Elle en aura encore l’occasion quand la gendarmerie viendra lui annoncer qu’il ne rentrera pas, qu’il a été d’un courage exemplaire au moment de sortir des tranchées au contact de l’ennemi, qu’il est mort pour se patrie. Mais elle ne les croira pas ; elle continuera d’espérer qu’il revienne, et mourra finalement de chagrin. J’avais six mois. Je n’ai évidemment aucun souvenir personnel de mes parents. Ce que je sais d’eux, on me l’a raconté. Mais cette photo, la seule qui les réunit, parle toute seule. J’en ai fait tellement de copies qu’ils sont immortels. Toute ma vie j’ai cherché la perfection, celle d’un amour sans limite, d’un amour total dont on peut mourir. Et j’ai failli réussir. Mais jamais, au grand jamais, je n’ai senti dans le regard d’une femme le même amour que celui qu’Augusta, ma mère, avait pour Robert, mon père, ce héros. Les jeunes gens de mon âge, à l’adolescence, n’avaient d’yeux que pour les jolies paires de fesses bien rondes ou les opulentes poitrines des blondasses un peu délurées. Je ne dis pas que ça ne faisait rien quand je voyais un joli petit cul, bien sûr, mais ce sont les yeux qui m’obnubilaient. Le regard, le nez, la maigreur et la blancheur, le sourire heureux, c’est ça que je recherchais. J’avais 32 ans quand j’ai été contacté par un cousin qui travaillait sur l’arbre généalogique de la famille. Il avait dix ans ...
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