1. Mon dernier camp scout (1)


    Datte: 28/12/2018, Catégories: Gay

    C’est mon souvenir le plus fort. Celui qui m’a fait comprendre que j’aimais les garçons, et que ce serait le cas toute ma vie. C’était l’année de mes 18 ans. Cinquième et dernière année de scoutisme. Bien sûr, je n’avais rien choisi. Comme toujours, c’était mes parents qui m’y avaient inscrit, dès mes 12 ans, en me disant “ça te fera plus de bien que de rester assis devant la télé”. S’ils savaient à quel point ils avaient raison Mais en attendant, je n’aimais pas ça, les scouts. Je ne détestais pas. Mais je n’aimais pas non plus. Bien sûr, les randonnées, les paysages, les cabanes à construire, les tentes à monter, les feux à allumer, les veillées passées à chanter, ça avait son charme. Mais la camaraderie virile et hautaine des scouts de ma province bourgeoise me donnait envie de vomir. Tout n’était qu’une série de concours : Qui avait le plus de badges Qui avait les plus gros muscles Qui criait le plus fort Autant vous dire que je me sentais aussi à l’aise dans cet environnement qu’un chat dans une piscine à bulles. La virilité, voyez-vous, est un mot étranger pour moi. J’avais beau atteindre la majorité, mon corps ressemblait plus à celui d’un préado maladroit qu’à celui d’un adulte. Alors que mes camarades devenaient des hommes, je restais un enfant fragile. Et je ne comprenais pas pourquoi. Si au moins, j’arrivais à m’intéresser aux mêmes choses, je pourrais récupérer quelques points. Mais quand les autres entamaient un match de foot, parlaient de filles et où ...
     déclenchaient une bagarre, moi, je me réfugiais dans un livre. Pas génial pour s’intégrer Résultat, je n’avais pas beaucoup d’amis. Pas d’ennemis non plus, même si on ne manquait pas de me remettre à ma place lorsque je m’exprimais un peu trop. En fait, j’étais plutôt invisible. Et j’avais accepté mon sort. Les années passant, j’avais bien compris une chose : les filles, ça ne m’intéressait pas. Encore aurait-il fallu que je les intéresse. Les garçons, peut-être. J’admirais leur malice, leur sourire charmeur, leur force aussi. Mais je savais bien que toutes ces qualités étaient mises au service de ces créatures sans intérêt qu’ils appelaient “les meufs”. Quel gâchis. Des filles, il n’y en avait pas. En tout cas, pas ici. Les Guides avaient leur propre camp séparé. Dans la troupe, 70 garçons à âge ou le désir est plus fort que la raison. 70 garçons. Isolés. Dans les bois. Pendant 21 jours. Nous en étions à environ une semaine de camp quand tout a commencé. Comme souvent, on m’avait désigné pour ramasser du bois, et je n’avais pas dit non. À vrai dire, ça ne me dérangeait pas. Ça me permettait de m’éloigner et de rêver, loin du chahut des garçons. J’étais à quelques centaines de mètres du campement. J’entendais, au loin, les éclats de rire de mes chefs, sûrement en train de boire discrètement des bières rapportées du village voisin. Alors que j’avance, un tas de bois déjà bien volumineux dans les bras, j’aperçois une forme en mouvement derrière des fourrés. La nuit commence à tomber, je ...
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