1. LAURE ET AURELIE 3


    Datte: 09/01/2019, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Accent,

    LAURE ET AURELIE 3 C'est une petite rue perpendiculaire à deux artères importantes. Devant le pavillon stationnent deux voitures à galeries de toit chargées et bâchées. Laure, je reconnais son allure décidée, ferme le coffre de sa Peugeot, fait un signe de la main à sa sœur Aurélie, se dirige vers sa portière : elle se prépare à partir. J'appelle, elle s'arrête, se tourne dans ma direction, me voit. Elle n'accourt pas, se contente d'attendre, ne manifeste aucune joie pendant que je m'avance, mais se penche vers l'intérieur de la voiture et s'adresse à ses occupants. J'entends la dernière phrase : - Je vous demande cinq minutes. Enfin elle fait trois ou quatre pas dans ma direction, dépose deux rapides bisous sur mes joues, penchée en avant, gardant la distance : - Adrien, que fais-tu ici ? Tu ne devais pas venir avant trois ou quatre semaines. Tu aurais dû me prévenir : A quelques secondes près nous étions partis. J'ai organisé une sortie avec des copains, nous allons camper au lac de Madine, nous y passerons la nuit et reviendrons demain après-midi. J'ai fait les réservations, tout prévu sur place pour les repas et les loisirs : Voile et jeux. Je suis désolée, mais que faire ? Je ne peux pas laisser tomber les amis. Tu comprends ? Seras-tu encore ici demain entre 16 et 17 heures ? - Hé ! Laure, on va prendre du retard, crie un des occupants du premier véhicule. Les cinq minutes généreusement accordées leur paraissent trop longues. Je gêne les autres, Laure est gênée. Je ...
     vaux cinq minutes, pas plus et encore. Adieu rêves d’amour, ici on chante avec Brassens « Les copains d’abord » Laure le confirme. - Oui, j'arrive. Tournée vers moi, elle veut s’excuser : - Tu vois, tout est minuté. Je te dirais bien de nous suivre. Mais tu n'as rien prévu, ni tente, ni nécessaire de toilette, ni vêtements de détente. Pfff. Vraiment, mon pauvre Adrien, je regrette. Tu m'as bien recommandé de vivre normalement. - Laure, dépêche-toi crie une voix de fille. Dans la 309, à l'arrière un couple se bécote. Un jeune homme occupe le siège avant à côté de la place de la conductrice, penché pour voir l'importun. Beau gosse, athlétique, dans les vingt cinq ans. L'autre véhicule est également occupé par deux couples. - Et puis nous n'avons que quatre tentes. Sinon Aurélie nous aurait accompagnés. Ah, tu voulais quelque chose ? A son tour le passager avant se manifeste pour hâter le départ. - J'ai reçu ta lettre, ça m'a donné envie de te voir. J'ai improvisé une permission et je suis arrivé sans avoir pu prévenir à temps : excuse-moi d'avoir retardé votre départ. Tu m'avais fait une offre, parlé de candidature, je voulais te communiquer ma réponse de vive voix, avec des explications. Mais ce serait trop long. Amusez-vous bien. - Tu pourrais au moins me dire si c'est oui ou non. - Comme ça, à la sauvette, en moins de cinq minutes, te dire oui ou non ? Va, ils s'impatientent. Peut-être une autre fois. Je recule vers ma voiture. - Adrien, tu t'en vas sans m'embrasser ? A demain, ...
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