1. Décollage autorisé


    Datte: 02/02/2019, Catégories: fh, extracon, voiture, amour, pénétratio, Oral

    L’accélération me cloua au siège et me coupa le souffle du même coup. Le nez collé au hublot, je regardais avec avidité le paysage défiler, guettant les lapins éventuels, mais surtout l’instant magique où l’appareil allait quitter la terre, m’arrachant invariablement un cri mental : "On vole ! Ça y est, on s’envole ! " Chaque fois était comme la toute première fois. Mon enthousiasme était inaltérable. Mon émerveillement sans cesse renouvelé d’expérimenter dans ma chair que les humains avaient bel et bien construit des machines volantes. Mes congénères dormaient déjà ou fixaient des écrans. Société de communication, mon œil ! Puis mon ventre se relâcha et ma respiration reprit son cours normal. L’engin continuait son ascension vertigineuse, plaquant mon dos contre le siège. Les lumières des villes formaient des sortes de toiles d’araignée, étendant leurs bras en lignes droites ou en spirales. Parfois certaines lumières semblaient apparaître ou disparaître par vagues, selon le passage des ombres des nuages. Bientôt le voyant lumineux au-dessus de ma tête s’éteignit, autorisant les humains volants à défaire leur ceinture. — Tea, coffee, anything else ? répétait inlassablement l’hôtesse avec son sourire froid. Élégante, pas sexy. Je déglutis fort afin de dépressuriser mes trompes d’Eustache. À travers le hublot, l’ombre noire de l’aile se détachait sur le trait de l’horizon déclinant du bleu pâle au bleu profond. L’excitation fit place à la fatigue et je ne tardai pas à sombrer ...
     dans un sommeil profond. * * * L’arrivée me fit mal aux yeux et à la tête. C’est à demi-endormie, ou à demi-réveillée que je traversai le hall de l’aéroport, Je ne pensais plus à mon charmant prof de voile que j’avais dévoré du regard pendant toute la durée du stage. Il avait fallu que je compense par l’imaginaire mon manque de câlins chronique et l’impossibilité de soulager la tension sexuelle pour cause de partage des chambres avec d’autres stagiaires. De plus, mon état de fatigue et celui du matelas avaient rendu tout mouvement impossible et aurait été accompagné d’un grincement de ressorts. Je m’étais parfois endormie la main ou l’édredon entre les jambes avant de voguer au pays des rêves. Ma valise enfin en main, je cherchais la direction de la sortie, telle un zombie somnambule, quand une grande silhouette leva un bras dans ma direction. Aussitôt tous les traits de mon visage se relâchèrent et je poussai un cri primal, un vrai cette fois. Une voyelle inarticulée entre le « i » et le « a », pourtant opposées en tous points sur le triangle vocalique, avec peu de modulations et certainement peu de technique de projection vocale. Mais l’intention et l’énergie y étaient et je courus jusqu’à sauter au cou de l’apparition. — Polo, c’est vraiment toi ? Question rhétorique, pour ne pas dire stupide. — Oui, répondit l’intéressé en me soulevant, me faisant décoller pour la seconde fois de la journée.— Hum, un cri comme ça, c’est comme du bon vin : ça se garde et ça se savoure !— ...
«1234»