1. Microfictions : 7- 1968


    datte: 07/02/2019, Catégories: Entre-nous, Hétéro, Auteur: Micky,

    Me voilà, moi Eliane, entrée dans ma quatre-vingt dixième année mais je vous rassure tout de suite, je ne vais pas vous raconter mes dernières frasques sexuelles, d'ailleurs inexistantes. C'est simplement l'anniversaire annoncé des 50 ans de mai 68 qui m'incite à écrire ici. J'avais quarante ans à l'époque. J'enseignais l'anglais dans un lycée de garçons car oui, la mixité n'existait pas encore. J'étais mariée, j'avais deux enfants adolescents mais j'avais vécu une bonne partie de ma vie dans l'ancien monde. En fait, j'avais commencé à me décoincer un peu avant les événements. La mode de la mini jupe m'avait inspirée. J'enviais la liberté des jeunes femmes, souvent anglaises, qui montraient leurs jambes sans complexe. Les miennes n'étant pas moches, j'osais un jour me présenter au lycée avec une jupe chocolat m'arrivant nettement au-dessus du genou, assortie à un sweeter crème assez moulant qui faisait saillir mes seins en poire. J'avais défait mon chignon et laissé mes cheveux auburn tomber sur mes épaules. A l'époque, les élèves ne traitaient pas leur prof de salope parce qu'elle s'habillait sexy. A peine si j'entendis un murmure. Du côté des collègues mâles, en revanche, je lus quelques regards de désapprobation, mais aussi des yeux pétillants, c'était selon. La blonde Myriam, ma collègue prof d'allemand, quadra comme moi, m'imita dès le lendemain puis bientôt la brune Jeannine, prof d'histoire géo trentenaire, vrai canon celle-là avec ses cheveux coupés courts. Nous ...
    formions, dans l'esprit de certains, le trio avancé des femmes libérées par la grâce d'une jupette. J'ajoutais à la mienne un ensemble vermillon composé d'une jupe toujours aussi courte et d'un cardigan assorti boutonné sur le devant afin de changer pendant la semaine. La présence dans les classes de jeunes mâles aux forts taux de testostérone eut pour effet, je le reconnais, d'exciter mon imagination. Combien d'entre eux se masturbaient le soir en pensant à moi ? La salle où j'officiais disposait, dans un coin, d'un bureau fermé sur mes jambes, ce que regrettaient sûrement les élèves du premier rang. En revanche, à l'autre bout, face au tableau, une rangée disposait d'une vue imprenable sur ma chaise et son occupante, en l'occurrence moi-même. Je pris bientôt un malin plaisir, tout en faisant cours, à pivoter sur cette chaise et offrir aux élèves ainsi placés dans la perspective un panorama complet de mes cuisses découvertes par la jupe forcément retroussée et parfois même une vision fugitive de mon slip, bien que je m'efforçasse de ne pas écarter les jambes. Enfin, pas toujours évident de maitriser ses mouvements. Je vérifiais sans peine l'effet produit sur les visages empourprés de certains élèves, goguenards chez d'autres, que j'interrogeais alors non sans perversité pour les ramener à la réalité des études. Comme un lycée est une caisse de résonance, j'eus bientôt vent de ma réputation de légèreté, heureusement partagée par Myriam et Jeannine qui, de leur côté, ne faisaient ...
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