1. Nuage de lait (1)


    datte: 21/04/2017, Catégories: Gay, Auteur: Grenade, Source: Xstory

    La rivière s'étendait paresseusement en de larges méandres bruns. La surface de l'eau était lisse comme un miroir, seulement troublée de temps à autre par quelques ridules provoquées par le vent. Dans la vase qui recouvrait le fond de la rivière, un gros poisson fouissa à la recherche de quelque nourriture, et les fines particules argileuses se soulevèrent ; elles se maintinrent un instant dans le lit du courant, comme hésitantes sur la direction à suivre, puis finirent par lentement se mouvoir vers l'aval sans faire mine de se déposer à nouveau. Il se forma comme un nuage de lait dans la rivière. Au fond, le poisson continua à fouisser un moment. Puis, brusquement, d'une torsion de son corps fuselé, il se projeta dans un recoin de la berge et s'immobilisa complètement. L'eau avait vibré. Plus haut le long de la rivière, l'eau était plus claire, le lit plus étroit, et les gros galets lisses que l'on apercevait au fond faisaient parfois gicler quelques gouttelettes transparentes dans l'air chaud de l'été. C'était de là que les vibrations provenaient. Accroupi au bord de la rivière, un garçon d'une vingtaine d'années se trempait les mains dans l'eau et s'en aspergeait le visage. Des gouttes ruisselaient sur ses joues et se frayait un chemin dans son cou et sa nuque. De l'eau perlait sur ses lèvres entrouvertes et aux lobes de ses oreilles. Ses cheveux châtains paraissaient bruns aux endroits où ils avaient été mouillés. Le garçon était essoufflé. Il venait d'achever un ... entrainement d'athlétisme qui l'avait laissé épuisé - il n'était pas particulièrement endurant. Et puis, l'été était chaud. À quelques centaines de mètres de là, l'air était flou et tremblant au-dessus de la piste surchauffée. Après quelques instants de repos, il sentit que l'eau avait séché sur sa peau et que son souffle s'allongeait. Il se releva ; les muscles de ses jambes s'étirèrent douloureusement. Le garçon fit demi-tour et se dirigea vers le stade. Ils étaient assez peu nombreux ce jour-là - pour tout dire, ils n'étaient que deux, si on ne considérait pas l'entraineur. L'autre garçon était parti chez lui pour se laver ; il n'habitait qu'à quelques mètres du stade. Lui ne pouvait pas en dire autant et il espéra qu'il n'y aurait pas grand monde sous la douche. Puis il se souvint qu'en juillet, cela faisait longtemps que les rugbymen avaient fini leurs entrainements. Les vestiaires seraient sans doute vides. Quand il y entra, aucun bruit ne venait troubler le silence à l'exception du bruissement de l'eau dans les douches du fond. Devant la porte, un sac de sport était posé. Il reconnut le sweat gris qui dépassait de la fermeture éclair ouverte : son entraineur était sans doute en train de se laver. Il avait couru avec eux ce jour-là. Après un instant de réflexion, le garçon se dirigea vers les autres vestiaires - ils pouvaient après tout se payer le luxe, dans ce stade désert, de prendre un vestiaire chacun. Mais quand il voulut baisser la poignée, il se rendit compte que la ...
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