1. Gisant


    datte: 17/06/2017, Catégories: fh, hplusag, inconnu, hotel, amour, cérébral, Voyeur / Exhib / Nudisme, nopéné, portrait, regrets, Auteur: Olaf, Source: Revebebe

    Gisant. Le mot vient de s’échouer dans un méandre de mon esprit agité. Tétanisée par l’évidence, je le ressasse, sans réaliser vraiment l’horreur qu’il m’inspire. Gisant, c’est bien l’exacte représentation de ce qui reste de notre couple. De ce que tu t’acharnes à faire de notre couple, tout en m’incitant perfidement à prendre l’initiative, à te repousser, à porter le coup fatal. Autrefois, après l’amour, tu étais allongé à mes côtés, terrassé par mes caresses, comblé par mon amour, auquel je donnais corps en m’abandonnant nuit après nuit à tes secrets désirs. Allongé contre mon flanc, à portée de main, tendrement mien, tu dormais entre mes bras et je te contemplais. Tu dormais d’un sommeil léger, malgré l’anesthésie des sens. D’un sommeil de fauve en rut parfois aussi, prêt à retrouver ta vigueur à la moindre invite de ta femelle, bandant dans tes rêves avec une envoûtante impudeur. Des rêves dont je ne doutais pas un seul instant être l’unique héroïne. Qu’il était alors facile de m’ouvrir pour toi, de subir les sévices raffinés que ton imagination débordante m’imposait. Qu’il était agréable de te provoquer, de te pousser à me posséder encore plus profondément, au-delà des limites raisonnables. Bien au-delà, s’il l’eut fallu, pourvu qu’on ait la jouissance. ooo000ooo L’homme s’approche en silence, derrière elle. Etait-ce ce qu’elle voulait en lui proposant ce chemin pour venir à leur rendez-vous ? Il regarde longuement ce qu’elle lui permet de voir d’elle, boucles blondes, ... épaules dénudées, trompeuse apparence de fragilité, respiration un rien agitée. Au moment où son parfum se fait plus têtu, il franchit la barrière invisible, tout en veillant à ne pas frôler sa peau. — Ne vous retournez pas, madame, pas encore, je n’ai pas eu le temps de faire le tour de votre parfum. Une intention, un message à découvrir ? La voix est douce, chaude, la présence agréable. Qu’importent le visage et le corps, pour le moment. Le peu qu’elle perçoit de l’homme ne diffère pas de ce que leurs échanges virtuels lui ont laissé supposer. — Vous accepteriez la vérité ?— Nue de préférence, sauf votre respect.— J’ai hésité si longtemps à venir et j’étais si en retard au moment de me préparer que j’ai mis ce qui m’est tombé sous la main. De toute façon— De toute façon ?— Non, rien. Enfin, si ! Disons qu’il me semble avoir oublié depuis longtemps jusqu’à l’envie de séduction.— C’est ce qui vous a fait hésiter ? Elle ne répond pas, lève un bras, puis le laisse retomber le long de son corps. Bref instant de résignation, qui ne l’empêche pas de sentir que quelque chose de rassurant émane de l’homme. Un calme naturel qui apaise peu à peu les battements de son cœur. — Il fait encore trop jour pour lire les augures dans les étoiles. Il me faudrait les lignes de votre main pour vous rejoindre. Vous voulez bien ? Ses mains, c’est ce qu’il connaît le mieux d’elle. Il l’avait dit en termes admiratifs, respectueux même, malgré le contexte érotique de la photo. Elle lui avait offert ...
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