1. Dix-sept heures trente (12)


    datte: 18/06/2017, Catégories: Inceste, Auteur: Nkari, Source: Xstory

    pourquoi ? La vie est une garce : elle vous offre quelque chose et vous le reprend juste après. Merde, je la maudissais, cette garce ! Très vite, je me persuadai que tout était de ma faute. C’était moi qui avais causé tout ça. Si je n’avais pas commencé ma relation avec elle, elle serait toujours en vie. C’était mon égoïsme qui avait causé sa perte et celle de l’être qui grandissait dans ses entrailles. J’étais l’aîné : j’aurais dû savoir la repousser quand elle s’est intéressée de trop près à mes désirs incestueux. Tout était de ma faute. Plus rien n’avait de goût après sa mort, plus rien ne m’intéressait. Je me sentais vide à l’intérieur. Pourquoi me levais-je encore le matin ? J’étais complètement perdu Son enterrement eut lieu environ une semaine après. Il y avait peu de personnes. Mes parents étaient là, effondrés. J’arrivais à peine à les regarder dans les yeux ; ils ignoraient encore toute la vérité. J’étais incapable de leur avouer que tout était de ma faute. Je fus surpris de voir que Thierry et Tatiana étaient quand même venus. C’était les seuls membres de leur famille à être présents. Ils ne m’ont pas adressé la parole lors de la cérémonie. Ce n’est qu’après, quand les quelques autres personnes ont commencé à partir, que Tatiana se dirigea vers moi, le visage sombre. — Alors, tu es content de toi ? Vois ce que tu as provoqué ! cracha-t-elle en colère. — Je je n’ai jamais voulu ça, murmurai-je à moi-même. — Et moi dans tout ça, me gifla-t-elle, qu’est-ce que j’ai ... été pour toi ? Une vulgaire passade lorsque tu n’as pas pu sauter ta sœur ? Je croyais avoir compté pour toi, mais je n’étais qu’un bouche-trou. Tu me dégoûtes ! Elle pleurait, elle déversait toute sa rage sur moi. Je la comprenais. Elle ne pouvait pas savoir qu’elle avait été bien plus que ça, une lumière dans l’obscurité. J’aurais pu le lui dire, mais je savais qu’elle ne m’aurait pas écouté. Et puis, plus rien n’importait maintenant. Je la regardais s’énerver contre moi sans rien dire. Je voulais surtout rentrer chez moi et trouver un moyen de noyer tout ce chagrin. — Viens, Tatiana, dit Thierry en l’attrapant par la main. Laisse-le. Il n’en vaut pas la peine. Je les vis s’éloigner, puis disparaître au loin. Ce fut la dernière fois que je les vis. Ma mère s’est avancée vers moi, le visage déboussolé. — Qu’est-ce qu’ils ont voulu dire ? chercha-t-elle à comprendre. Je posai mes yeux complètement vides sur elle, la fixai pendant quelques secondes, et partis finalement sans dire un mot. Et voilà toute mon histoire. ___________________________ — Eh bien, nous avons fait un énorme pas cette semaine. — Oui, c’est bien la première fois que je parle de tout cela à quelqu’un. — Comment vous sentez-vous ? — Je dois reconnaître que cela m’a fait du bien d’en parler. C’est comme si je m’étais débarrassé d’un poids qui pesait sur mes épaules et m’empêchait d’avancer pendant toutes ces années. Ça a été dur, après l’enterrement. En fait, ça n’allait pas depuis bien longtemps. Les choses ...