1. Affres d'un gars face à une page blanche


    datte: 18/06/2017, Catégories: méthode, exercice, pastiche, délire, humour, Auteur: Radagast, Source: Revebebe

    Chères lectrices, chers lecteurs. Il y a de cela quelques jours, je commis deux textes que j’expédiai à votre site préféré. Au mien aussi par la même occasion. Que n’avais-je fait Je reçus illico des messages des correcteurs et correctrices : « Ouais, t’as fait des fautes d’orthographe » « Pis des accords de temps ! » « Inadmissible. Tu me recopieras trois fois chaque texte. » Vous essayez de donner des explications, genre : « J’ai des soucis de santé. » « Je remplissais ma déclaration d’impôts. » Réponses : « Veux pas le savoir ! » « J’avais une gastro. » « Mon cul ! » Vous devez savoir que les correcteurs sont féroces. Je n’ose le dire, mais ils en sont arrivés aux châtiments corporels, la fessée cul nu. Chez eux, une correction ce n’est pas seulement corriger une copie. Demandez à Brodsky, le pauvre Je vais un jour sur deux chez mon comparse pour passer un onguent sur son joufflu rebondi, uniquement les jours pairs. La comtesse s’en occupe les jours impairs. Donc, je vous passe les coups de martinet sur mes fesses nues ; heureusement, je suis très poilu : ça atténue les chocs. J’arrête cette digression pour vous narrer les affres d’un gars comme moi, pas très doué avec la langue Je vois se marrer Patrik au fond du site ! Je vous demande de vous arrêter. Je disais donc combien il est difficile d’écrire. Il faut d’abord trouver une idée, très délicate opération que d’attraper ces petites choses fragiles, fuyantes, fugaces. Des feux follets. Une fois que vous vous en êtes ... saisi, sans l’abîmer vous la placez dans un bocal à l’intérieur de votre cerveau, avec de l’eau et de la nourriture, énormément de tendresse et d’attention. Parfois le hasard fait bien les choses ; vous tombez sur un article, un reportage qui vous titille les neurones. D’autres fois, vous vous inspirez d’une histoire qui vous est réellement arrivée. Ou une histoire qui vous tient à cœur, souvent les tristes. Quelquefois, d’une discussion avec un ami vient l’inspiration. Ou carrément de l’ami lui-même, comme ce très gentil géant farfelu et ses deux frères. Ils existent vraiment et sont encore plus frappadingues et sympathiques dans la vie que sous mes fades descriptions. Parfois vous laissez libre cours à votre imagination ; vous vous laissez emporter par un doux délire. Ou carrément un pétage de plombs. Exemple : je passais mes vacances près de Bugarach en regardant la coupe du monde de foot et lisais un article sur une Américaine persuadée d’avoir été enlevée par des extraterrestres. Bingo ! Coupe du Monde. Vous pouvez être malheureusement dépassé par les événements. Je voulais écrire un texte de politique-fiction, un homme politique qui, pour financer sa campagne électorale, tringlait une petite vieille friquée et un peu zinzin. Elle lui donnait pour ces quelques coups de queue de grosses liasses qu’il planquait en Suisse pour s’acheter ensuite une bicoque à St Barth Manque de pot, ils ont fait pire ! Votre histoire est à peine plus chaude que les lettres de madame de Sévigné. ...
«1234...»