1. Installation


    datte: 18/06/2017, Catégories: h, jeunes, dispute, revede, Auteur: Cidoup, Source: Revebebe

    un bon tient vaut mieux que deux tu l’auras ! Encore un des adages favoris de sa mère ! — Tout de même, un appartement ! C’est trop grand pour moi. Je vais perdre un temps fou à le nettoyer et à le mettre en ordre.— Ça ne te fera pas de mal ! L’honneur est sauf, Jean peut capituler sans honte. — Si je comprends bien, j’ai plus rien à dire. Il faut toujours en passer par ta volonté. Madame Astier se garde de répliquer devant tant de mauvaise foi. Dans le fond, Jean est satisfait. Il n’était pas inquiet, non, mais quand même. Cette question du studio pas encore octroyé ressemblait, à s’y méprendre, à une épée de Damoclès suspendue au-dessus du bon déroulement de la rentrée. Plus de souci de logement, cela soulage ! Un véritable appartement, pour lui tout seul, voilà qui va le poser auprès de ses confrères et surtout consœurs. — Comment t’as fait ?— Par madame Berger.— Madame Berger, Laure Berger ?— Oui, Laure Berger. Je l’ai rencontré l’autre jour Laure Berger, la jeune amie de sa mère ! Son plus cuisant souvenir d’adolescence L’esprit de Jean s’envole et remonte le temps Il se remémore son air gourmand quand elle disait « jeune homme ». Mais à l’époque, sa déception l’empêcha de déchiffrer les regards pleins de promesses lancés par l’amie de sa mère. Il était si jeune ! De mauvaise grâce, il accepte de s’asseoir à côté de Laure et de répondre à ses questions sur ses études, ses passe-temps puis ses petites amies. Le parfum capiteux de la jeune femme l’enveloppe. Aujourd’hui ... encore, il le reconnaîtrait entre mille. Jean est gêné. Madame Berger ne se rend pas compte que son corsage s’entrouvre et que, chaque fois qu’elle se tourne vers lui, un sein émerge de la gangue de tissus et s’offre de plus en plus à ses regards curieux. Chaque fois qu’il y pense, et c’est souvent, la scène se découpe dans son esprit avec une précision photographique. Il revoit le globe lisse, la peau légèrement dorée, tentante. Il ressent encore sur sa cuisse la douce caresse d’une paume qui remonte insidieusement vers son short Jean réajuste son pantalon, indifférent aux explications de sa mère. L’évocation de ces instants tendres lui fait, malgré l’éloignement, toujours le même effet. Malheureusement en ce temps-là C’est toujours avec le même serrement de cœur qu’il se souvient du regard moqueur qu’elle lui lança en reboutonnant avec soin son chemisier. — Oui, mon petit, je dirai à ta mère que tu t’es bien conduit avec moi.L’ironie non dissimulée agit comme un révélateur. Il comprend en cet instant qu’il est passé à côté d’une leçon de chose plus passionnante que le meilleur livre. Rouge de confusion, il s’enfuit dans sa chambre. Après quelques minutes, honteux et contrit, il redescend au salon. Laure a quitté le canapé pour un fauteuil et ne lui répond que par monosyllabes. Chacun se plonge dans une lecture jusqu’au retour de la mère de Jean. Depuis, il ne s’est jamais senti à l’aise lors des visites de madame Berger, bien qu’elle affichât à son égard l’indifférence la ...
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