1. Réconfort & vieilles dentelles. III. La location d’été (2)


    datte: 07/08/2017, Catégories: Hétéro, Auteur: Docsevere, Source: Xstory

    Le premier jour je rangeai mes maigres affaires (ce fut vite fait), puis j’allai faire quelques courses ; je n’eus pas le courage de faire grand-chose d’autre, une petite ballade jusqu’au lac, regarder les quelques vacanciers en mobile homme ou en camping-car, les baigneurs courageux ; puis au retour une petite sieste pour évacuer la fatigue accumulée en cette fin d’année de travail. Le second jour je traînai un peu. Le temps de me décider à entreprendre quelque chose il était déjà onze heures passées. Je décidai de partir en début d’après-midi à V.T.T., un peu à l’aventure, mais fus vite freiné par de nombreuses côtes. J’avais oublié que sous les côtes de Meuse le relief est impitoyable. Je m’accrochai, je suai des ronds de chapeau. Je pris même des chemins qui traversaient les champs. En tout cas le manque d’entraînement (un coup de vélo par mois à partir du mois d’avril n’est pas ce qu’il y a de mieux pour garder la forme sur une selle, surtout à plus de quarante-cinq ans) se faisait ressentir. Bon je devais être plus cool. J’étais en vacances, je n’avais aucun challenge. Je rentrai vers 18H30, assez content de moi finalement. A peine j’étais sorti de ma douche, avais passé un short, que je redescendais à l’étage du bas. Je tombai sur ma logeuse qui m’apportait un panier plein de légumes et de fruits de son jardin. « - Bonjour. Je suis passée vous apporter ça. - Oh je vous remercie, c’est bien gentil ! - Tout se passe bien. - Oui, très bien. J’ai fait un grand tour de ... vélo, je suis rentré il y a peu. - Oui j’étais passé il n’y a pas longtemps, vous n’étiez pas encore rentré. » Là-dessus elle me demanda où j’avais été me promener, me parla de la région qu’elle connaissait bien ; maintenant en tout cas, puisqu’elle avait passé pratiquement toute sa vie en banlieue parisienne. Elle semblait s’inquiéter de moi, de mon moral, mais sans oser aller très loin dans ses questions. C’était une personne peu démonstrative, peu extravertie, d’ailleurs peu souriante, mais qui semblait – même si elle ne le montrait pas – se soucier des autres, en tout cas de moi, en l’occurrence. Ce soir-là je me montrai, pour ma part, souriant, affable, souhaitant lui faire comprendre que j’étais reconnaissant de ses attentions, de son humanité. Elle repartit, me souhaita bonne soirée. Je pensais qu’elle allait m’inviter – ce soir ou un autre soir de la semaine – à venir dîner avec elle et son mari, mais elle ne le fit pas, ce qui m’arrangea bien. Même si c’étaient des gens courtois et aimables, j’avais envie de paix, de dîner seul, de faire ce que je voulais. Je sais, j’ai toujours été un peu ours. Et même si je savais qu’ils étaient des gens simples, j’ai horreur des mondanités ; ce qui veut dire pour moi être poli, entretenir la conversation, respecter les conventions, d’autant que ça n’était pas des amis, et je ne pouvais pas me laisser aller à la sincérité, la spontanéité. En fait, j’aime bien quand les choses se passent naturellement, tout à fait par hasard, reflétant ...
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