1. L'arrivée (1)


    datte: 11/08/2017, Catégories: fh, frousses, amour, fmast, pénétratio, québec, amourpass, Auteur: Ed Benelli, Source: Revebebe

    L’arrivée Janvier 2008 Ça sent le trac. Mais pourquoi ? Sophie est partie en octobre et nous ne sommes qu’en janvier. Seulement deux longs mois à l’attendre. Et en fait, qu’est-ce que deux mois quand on pense à tout le temps qu’on gaspille parfois à regarder les photos des autres sur Facebook. J’ai des colocs sympas, une vie sociale presque trop active et un travail prenant. Mais voilà, je suis là, au milieu de la foule qui surveille les portes du terminal. Attendant mon petit paradis ; attendant Sophie, les mains moites, le regard incertain, la moue névrosée. Partout des accueils chaleureux, des sourires et des pleurs de joie. Ici, rien n’est déchirant, que du bon temps et du bonheur. Et en y réfléchissant un peu, c’est bien pourquoi je suis là, moi aussi : Le bonheur. Fixés sur la porte, mes yeux n’attendent plus que son éclat roux. Mais c’est une présence derrière moi et une main calme sur mon épaule qui me fait me retourner. J’ai eu le souffle coupé environ une demi-seconde. Le temps de remettre tout en place, de l’enlacer, de porter son visage au mien et de lui démontrer avec enthousiasme comment elle m’a manqué. Et pour ça, elle m’a répondu, mais ce sont nos lèvres qui parlaient pour nous. Ses lèvres. Douces, soyeuses, pleines, gorgées d’envie quand elles pincent les miennes. Heureuses le matin quand on s’embrasse. Mon petit paradis est là, contre moi. Je peux enfin palper les courbes harmonieuses, observer la respiration, éprouver son intelligence et admirer sa ... sérénité. — Tu ahem tu as fais bon voyage ?— Ça va. Je suis contente de te voir.— Et moi donc. J’ai réussi à faire évacuer mes colocs pour qu’on soit plus tranquilles ce soir. Une lueur malicieuse passe dans ses yeux, en même temps qu’une autre de fatigue. Je me demande laquelle vaincra. Je prends sa main dans la mienne. La sienne est fraîche, la mienne est chaude. Sophie se colle à nouveau à moi et rapproche ses lèvres. Je note cette petite habitude si mignonne qu’elle a d’incliner la tête avant que nos lèvres se rejoignent. On s’embrasse et cette fois, les langues se mêlent, le désir nous submerge au milieu de cette foule gaie et indifférente de notre couple. Sa langue chaude masse la mienne l’air de dire : « Tu ne perds rien pour attendre » et mon baiser de lui répondre : « J’attends ça depuis presque trois mois ». On se sépare, l’envie au bord du cœur, j’avale difficilement l’envie de la prendre là, tout de suite, sur le champ, alors que de toute manière personne ne nous regarde. Mon corps prend le relais de mon esprit, mes bras s’avancent vers le panier bien chargé de bagages et je le pousse vers la sortie. Je ferme mon manteau. — Attache ta tuque. Ça caille dehors ! dis-je en enfonçant mon bonnet presque sur les yeux. Son sourire éclatant arrache un nouveau morceau de mon âme pour l’avaler tout entier. Sophie rigole, rabat son capuchon sur ses cheveux, son front, son visage, quitte à ne plus rien voir. Je lui serre les doigts et franchit les portes automatiques pour m’enfoncer ...
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